Impak Analytics, bientôt les deux pieds dans la gestion cotée
C’est l’histoire d’un changement de braquet réussi. Impak Finance est née en 2016 de la volonté de faire converger consommateurs raisonnés et entreprises durables. A l’époque, une place de marché est créée par la fintech pour mettre en relation ses utilisateurs avec des sociétés dont les produits et services sont conformes à au moins un des Objectifs de développement durable (ODD) de l’ONU. Si cette application ne rencontre pas son public pour être abandonnée en 2019, Impak Finance, rebaptisée à l’occasion Impak Analytics, se constitue une première base de données.
Approche mixte
Depuis, la fintech s’est muée en agence de notation et d’intelligence de l’impact. Sa couverture s’est étendue aux valeurs du Stoxx 600, d’une partie du S&P 500 pour être complète très bientôt et de la totalité du MSCI Acwi d’ici à 18 mois. « Au-delà de la fourniture de données brutes, nous offrons une mesure d’impact selon l’approche de la double matérialité telle que retenue par l’Europe », souligne Boris Couteaux, responsable stratégie et indices.
Au-delà de la fourniture de données brutes, nous offrons une mesure d’impact selon l’approche de la double matérialité telle que retenue par l’Europe
La collecte de données repose sur des outils d’intelligence artificielle (IA), dont ceux de grands modèles de langage (LLM). Une fois collectées, les données sont structurées selon leurs impacts positifs et négatifs pour chacun des ODD, d’après une approche mixte. « Le tout IA en matière d’analyse d’impact ne fonctionne pas, estime Boris Couteaux. C’est pourquoi une équipe d’analystes vient dresser la cartographie de chacune des valeurs selon leurs externalités positives et négatives sur les personnes et l’environnement naturel. Nos analystes intègrent aussi dans leur score la théorie du changement, poursuit-il, qui décrit les liens de cause à effet au sein d’une initiative portée par une entreprise, et ses résultats à court, moyen et long terme. » Ces différentes étapes sont logées au sein d’un outil propriétaire : la taxonomie des impacts positifs. Quant aux impacts négatifs, ils sont identifiés à l’aune des risques que l’entreprise fait courir à la société ou à l’environnement. Une définition qui sera nuancée selon le secteur d’activité ou le pays de localisation.
La démarche a séduit des banques – « qui utilisent notre outil pour jauger le risque crédit de leurs clients », illustre Boris Couteaux, des gestionnaires comme Vega IM – mais aussi des acteurs du private equity comme HSBC Venture, Seventure (Groupe Natixis) afin de valider le calcul de l’impact de leur fonds. Elle a aussi convaincu un fournisseur d’ETF (exchange-traded funds). Ce 7 juin ont été listés à Londres cinq ETF actifs thématiques commercialisés par Circa5000 dont la méthodologie a été dessinée par Impak Analytics. Un premier partenariat qui fait des adeptes : « Nous sommes en discussion avec d’autres gestionnaires d’ETF européens, leaders du marché », glisse-t-il, énigmatique. Le curseur est poussé encore plus loin puisque « nous allons prochainement lancer nos propres indices, alignés sur la Taxonomie européenne ou encore adossés aux entreprises les plus performantes en matière de respect des ODD ». Les deux pieds dans le marché des fonds listés.
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