L’International Emission Trading Association (IETA) a publié au printemps 2016 un rapport sur le marché chinois des droits à polluer au lendemain de la signature des accords de Paris.
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Benoît de la Morinière
En octobre 2011, la Chine lançait ses premiers marchés de droits à polluer avec des projets pilotes lancés dans 7 régions. Forte de cette expérience, elle s’apprête aujourd’hui à lancer son tout nouveau marché national, annonce confirmée par le président Xi Jinping pour 2017 lors d’une visite à la Maison Blanche en 2015. L’International Emission Trading Association (IETA) en a analysé les implications dans un récent rapport. Pour rappel, la Chine est le premier émetteur mondial de gaz à effet de serre (GES), le pays était responsable de 25,9 % des émissions mondiales de CO2 en 2012.
Le modèle chinois est exemplaire sous de nombreux aspects. Il a par exemple la particularité d’inclure les «émissions indirectes», comme la consommation d'électricité, le chauffage... dans le calcul des quotas.Tirant les conclusions des échecs du protocole de Kyoto et de son système «top down» de marché des droits à polluer, le nouveau modèle chinois, inspiré des Accords de Paris innove. Plutôt que d’imposer des plafonds fxes pour chaque pays, il adopte une pratique dite «bottom up» qui vise à laisser aux états une marge de manoeuvre dans l’implémentation de la politique des «droits à polluer», affirment les auteurs du rapport.
Le système chinois n’est pourtant pas sans écueils. La système d’échange de quotas d’émission (ETS) peine à établir des plafonds optimaux. Cela conduit aujourd’hui à sous-évaluer les prix des droits à polluer, indique le rapport. Le problème le plus grave reste sans aucun doute l’illliquidité chronique de ces marchés. Mais il est surtout lié à implémentation régionale de ce système, ces marchés étant trop petits pour permettre des échanges nombreux qui en garantiraient la liquidité. L’IETA se montre malgré tout optimiste. Selon elle, la création d’un marché national devrait résoudre ce problème.
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