Une structure de cantonnement a minima créée par Natixis
La banque gèrera en interne 19 milliards d’euros d’actifs jusqu'à leur extinction. Rien à voir avec la solution suisse aux problèmes d’UBS
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Alexandre Garabedian
Une structure de cantonnement d’actifs à risque. En annonçant vendredi la création d’une telle entité dans le cadre de la restructuration accélérée de ses activités de banque de financement et d’investissement, Natixis semble choisir la solution de la «bad bank», une voie d’ailleurs peu suivie jusqu’ici par les établissements exposés à la crise. Il n’en est rien.
Natixis va en fait gérer jusqu’à leur extinction l’équivalent de 19 milliards d’euros d’actifs pondérés à risque. Il s’agit d’activités pour compte propre dans le domaine du crédit des structurés de crédit – à ne pas confondre avec les financements structurés – tels que les engagements couverts par les assureurs monoline. Une équipe dédiée gèrera ces lignes, l’ensemble du dispositif étant placé sous la responsabilité du patron de la BFI de Natixis, Jean-Marc Moriani. Le processus devrait prendre plusieurs mois.
La comparaison avec les structures de défaisance, dont la plus célèbre reste en France le Consortium de réalisation mis en place pour purger le Crédit Lyonnais dans les années 90, s’arrête là. Pas question en effet de sortir ces actifs du bilan de la banque et d’en faire assumer les pertes éventuelles par une tierce partie. La structure de cantonnement interne dont parle Natixis n’aura même pas d’existence juridique propre. Les actifs qu’elle portera ne sont pas tous toxiques, mais souvent simplement issus de stratégies complexes que le groupe n’a plus vocation à exercer à l’avenir.
On est donc très loin du modèle appliqué, en Suisse, au cas UBS. La banque helvétique, la plus touchée en Europe par la crise du crédit avec près de 48 milliards de dollars de pertes et de dépréciations passées à ce titre, a annoncé mi-octobre la création d’une vraie structure de défaisance pour isoler son portefeuille de crédits toxiques. Une solution orchestrée par les autorités pour sauver leur ex-fleuron national.
Cette entité, baptisée le StabFund et gérée par la Banque nationale de Suisse, a vocation à reprendre 60 milliards de dollars d’actifs à UBS d’ici à fin mars 2009. Hasard du calendrier, le rachat d’une première tranche de crédit de 16,4 milliards, sur la base de leur valeur au 30 septembre, a été annoncé vendredi par les autorités suisses.
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