Une simple atténuation de la crise financière risque d’être préjudiciable au dollar
Pascal Gilbert, responsable de la gestion obligataire à La Française des Placements
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Tân Le Quang
L’Agefi: Malgré la poursuite des baisses des taux en zone euro, vous tablez sur un euro/dollar à 1,50 d’ici à 6 mois. Pourquoi ?
Pascal Gilbert: Dans l’évolution positive de la parité euro/dollar vers 1,50 que nous anticipons, il n’y a pas que les facteurs de soutien de l’euro mais également quelques facteurs négatifs qui pénaliseront la devise américaine. Pour l’euro, nous sommes moins agressifs que le marché en terme de réduction des taux directeurs. Après un ultime geste probable en mars, la BCE devrait adopter une position d’attente pour le reste de l’année. Avec le profil d’inflation en V (fort rebond du glissement annuel dès l’été à partir d’un niveau proche de zéro) le temps constituera un allié de poids. Coté américain, toute amélioration de la liquidité des marchés financiers devrait pénaliser le dollar, car elle serait synonyme d’un reflux vers les actifs plus risqués que sont notamment les pays émergents et les matières premières. Ainsi, la fin ou même simplement une atténuation de la crise financière, risque d’être préjudiciable au billet vert.
Selon vous, l’euro/livre atteindra-t-elle la parité au cours du premier semestre?
Lorsque le dollar s’apprécie contre l’euro et le yen, le sterling s’apprécie généralement dans une moindre mesure contre ces derniers. La glissade de la livre contre euro s’explique par l’origine et l’importance de la crise sur le secteur financier, dont le poids relatif est considérable pour l’économie anglaise. Si le dollar venait à reculer contre euro au premier semestre, le sterling devrait s’affaiblir également contre euro. On ne peut donc pas exclure l’atteinte de la parité.
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