Un référendum menace la capacité d’action de la banque centrale suisse
La Banque nationale suisse (BNS) risque de perdre les marges de manœuvre dont elle dispose aujourd’hui pour soutenir l’économie suisse. Elle pourrait être forcée à l’issue d’un référendum qui se tiendra le 30 novembre de détenir au moins 20% de ses actifs en or et de conserver cet or sur le territoire national.
Alors que les réserves d’or détenues par la BNS représentent aujourd’hui moins de 8% du total de ses actifs, elles «sont la fortune du peuple», expliquent dans un communiqué les représentants de l’Union démocratique du centre (UDC), parti de droite qui défend l’initiative. Et d’ajouter qu’une politique monétaire saine exige une base solide. «Les réserves d’or sont indispensables à la BNS pour sauvegarde l’indépendance de la Suisse».
Cette argumentation est loin de convaincre le gouvernement. Le conseil fédéral recommande au peuple de rejeter l’initiative populaire baptisée «Sauvez l’or de la Suisse» et déposée en mars dernier. Autrement, «la BNS serait contrainte, dans le cadre d’un assouplissement de la politique monétaire et de l’expansion du bilan qui s’ensuivrait, ou d’une chute des cours du métal jaune, d’acheter davantage d’or, un or qu’elle ne pourrait toutefois revendre, et ce, même s’il lui fallait resserrer ultérieurement sa politique monétaire ou dans l’éventualité d’une remontée des prix de l’or», arguent les représentants du Conseil dans une note.
Le référendum intervient alors qu’en septembre 2011, la Banque centrale suisse a instauré un cours plancher de 1,20 franc pour un euro afin d’empêcher que la surévaluation du franc ne plonge l’économie dans la déflation. En cas de vote positif au référendum, «il ne serait plus guère possible [à la BNS] d’engager des mesures telles qu’une politique de cours plancher par rapport à l’euro ou de prendre des dispositions à grande échelle pour assurer la stabilité financière, notamment parce que les acteurs du marché financier ne seraient pas convaincus que la BNS est résolue et apte à imposer cette politique par tous les moyens», soulignent les représentants du Conseil fédéral.
Le vice-président de la BNS, Jean-Pierre Danthine, a lui-même pris position contre le oui au référendum en expliquant que les marchés n’auraient pas cru la BNS capable de maintenir son cours plancher si elle avait été obligée d’acheter de l’or et des euros en grande quantité.
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