Sgam cède sa filiale britannique faute d’une taille critique outre-Manche

GLG Partners met la main sur l’activité. Jean-Pierre Mustier engage ainsi concrètement la mutation du gestionnaire français
Benoît Menou
EID FRANKFURT 9

Sgam dit adieu à la City. Le gestionnaire d’actifs français a fait part vendredi de la signature d’un accord de cession avec GLG Partners concernant sa filiale britannique à 100%, Sgam UK. Les deux acteurs n’ont pas souhaité apporter de détails quant au prix de la transaction, GLG confiant toutefois que l’opération, dont la finalisation est attendue au premier trimestre 2009, devrait avoir un impact positif sur ses résultats dès l’an prochain.

Sgam UK assurait à fin novembre la gestion de 8,2 milliards de dollars d’actifs, soit environ 2,5% des encours de Sgam. L’opération n’en est pas moins importante. Elle n’étonne pas Aymeric Poizot, responsable chez FitchRatings du secteur de la gestion d’actifs, pour qui la filiale britannique n’a jamais réellement atteint la «taille critique» nécessaire. L’entité avait été créée en 1998, notamment à l’initiative de Nicola Horlick, figure emblématique de la gestion d’actifs au Royaume-Uni.

Pour autant, Aymeric Poizot est persuadé que la volonté affichée par les gestionnaires d’«accompagner cette opération de différents accords de coopération commerciale» n’est pas qu’un vœu pieux et que les deux acteurs auront à cœur de développer une réelle «offre croisée» d’expertises.

Mais la cession de SGAM constitue d’ores et déjà une étape concrète de la restructuration envisagée par son nouveau PDG, Jean-Pierre Mustier. Ce dernier pourrait par ailleurs envisager d’autres désengagements. La note asset manager allouée à Sgam par Fitch ne devrait pas évoluer du fait de la cession de l’entité britannique, mais Aymeric Poizot s’attend bien à d’autres évolutions au sein du groupe, outre le rapprochement d’ores et déjà pressenti dans la gestion alternative entre Lyxor et Sgam Alternative Investments.

Il faut aussi souligner l’attrait de l’opération pour GLG Partners, qui gère aujourd’hui environ 17 milliards de dollars d’actifs. L’acquisition de Sgam UK représente en effet un pas concret et significatif de rapprochement entre les gestions alternative et traditionnelle. Longtemps, ces deux univers ont eu tendance à se scinder. Derrière la volonté visiblement affichée par GLG Partners d’occuper le terrain de la gestion traditionnelle se dévoile une évolution majeure de l’industrie de la gestion d’actifs.

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