Renault peut aller de l’avant sans Carlos Ghosn
C’est avec deux heures et demi de retard sur l’horaire prévu que Renault a officialisé, vers 13h20, sa nouvelle équipe dirigeante: confirmant les rumeurs circulant depuis plus d’une semaine, le conseil d’administration du constructeur automobile a élu Jean-Dominique Senard président et a nommé Thierry Bolloré directeur général. Le tandem remplace Carlos Ghosn, qui, toujours emprisonné au Japon, a démissionné hier soir, comme l’a annoncé le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire ce matin au forum de Davos. «Le conseil a pris acte de la démission de son actuel président-directeur-général. Il salue le parcours de l’Alliance qui lui a permis de se hisser au premier rang des constructeurs automobiles mondiaux», a indiqué Renault dans son communiqué.
Thierry Bolloré exerçait déjà la fonction de directeur général délégué depuis le 21 novembre (deux jours après l’arrestation de Carlos Ghosn par la justice japonaise), après avoir été nommé directeur général adjoint en février 2018 - ce qui en faisait le dauphin de Carlos Ghosn. Le rôle de président était occupé par l’administrateur référent Philippe Lagayette, même si ce dernier n'était pas officiellement nommé. Son remplaçant Jean-Dominique Senard, ancien PDG de Pechiney au moment de son intégration dans Alcan, et jusqu'à présent président de Michelin, s’est taillé une réputation de dirigeant «social» (en tout cas par rapport au «cost killer» Carlos Ghosn).
« Outre toutes les fonctions assumées normalement par le président du conseil, le nouveau président du conseil d’administration de Renault devra évaluer et, si nécessaire, faire évoluer la gouvernance de Renault afin notamment d’assurer la transition vers la nouvelle structure. Il présentera ses propositions sur l’évolution de la gouvernance au conseil d’administration avant la prochaine assemblée générale des actionnaires. Par ailleurs, le conseil d’administration de Renault souhaite superviser activement le fonctionnement de l’Alliance et décide de confier à son président la pleine responsabilité du pilotage de l’Alliance pour le compte de Renault, en liaison avec le directeur général », ajoute le groupe.
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