Les services renouent avec la croissance en zone euro
L’activité du secteur privé de la zone euro a dépassé les attentes en avril, les services renouant avec la croissance. L’indice composite, qui combine l’activité du secteur manufacturier et celle des services, a atteint un pic de neuf mois à 53,7 en mars, contre un consensus de 52,8, après 53,2 en février, selon les résultats préliminaires de l’enquête mensuelle IHS Markit auprès des directeurs d’achat(PMI) publiés vendredi.
L’indice des services flash est remonté pour sa part à 50,3 contre 49,6 en février. Il dépasse lui aussi le consensus (49,1) et revient au-dessus du seuil de 50. Le secteur manufacturier a enregistré sa plus forte croissance depuis le début de l’enquête, mi-1997. Son indice a grimpé à 63,3 contre un consensus de 62,0, après 62,5 en mars.
Ces performances surprennent alors que plusieurs pays ont dû réintroduire des mesures de confinement pour lutter contre la propagation du Covid.
En Allemagne, l’activité industrielle proche du niveau record atteint le mois précédent mais celle dans les services demeure faible en raison des restrictions face à la pandémie. L’indice PMI manufacturier a atteint 66,4 66,6 en mars, qui marquait un pic depuis le début de la statistique en avril 1996. Les économistes interrogés par Reuters attendaient en moyenne une baisse plus marquée, à 65,8.
L’indice pour les services a reculé à 50,1 en avril, se maintenant de peu en croissance, après 51,5 en mars, alors que le consensus le donnait à 50,8. Le PMI composite ressort à 56 après le plus haut de 37 mois atteint en mars à 57,3.
Les entreprises allemandes ont embauché à un rythme jamais vu depuis octobre 2018, note l’enquête PMI, et leurs carnets de commandes se sont étoffés pour atteindre un plus haut de plus de dix ans. Signe des problèmes dans la chaîne d’approvisionnement, les prix d’achats des intrants sont toutefois au plus haut depuis dix ans mais les entreprises ont réussi à répercuter cette augmentation par une hausse des prix à la production, ce qui laisse penser que les pressions inflationnistes pourraient s’accumuler.
«Le déséquilibre entre l’offre et la demande dans les chaînes d’approvisionnement des usines continue de faire grimper les coûts des entreprises, qui augmentent maintenant au rythme le plus rapide depuis plus de dix ans», a déclaré Phil Smith, analyste d’IHS Markit. Il a toutefois ajouté que si les prix à la sortie des usines étaient de plus en plus en phase avec une forte demande, les entreprises de services restaient prudentes sur leurs tarifs, ce qui signifie que les répercussions sur les prix à la consommation pourraient être limitées.
L’activité du secteur privé en France a progressé plus fortement que prévu en avril, signe que les entreprises de la deuxième économie de la zone euro se sont montrées plus solides face aux conséquences de la pandémie. L’indice composite est passé en territoire d’expansion en remontant à 51,7 contre 50 en mars. Il est en outre supérieur à un consensus de 48,8.
L’indice manufacturier, lui, s’affiche à 59,2, un chiffre légèrement inférieur à celui de 59,3 enregistré en mars et mais supérieur au consensus de 59. Les services, en première ligne dans la crise sanitaire, ont progressé avec un indice à 50,4, contre 48,2 en mars et largement au-dessus d’un consensus de 46,5. «Au-delà des prochains mois, les participants à l’enquête sont également confiants dans la poursuite de la dynamique de la demande, comme en témoignent les plus fortes attentes concernant les perspectives commerciales à douze mois sur plus de trois ans», a déclaré Eliot Kerr, économiste chez IHS Markit.
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