Le reporting climat des entreprises est encore insuffisant
L’urgence climatique continue à être mise en avant par la communauté scientifique. La semaine dernière, l’Organisation mondiale de météorologie (OMM) a tiré une nouvelle fois la sonnette d’alarme à l’occasion de la publication de son rapport annuel. La quantité de CO2 dans l’atmosphère a atteint un nouveau record de 405,5 ppm en 2017, contre 403,3 ppm en 2016.
Les entreprises se sont-elles suffisamment emparées des enjeux associés à la transition énergétique ? Alors que le Climate Finance Day débute ce jour à Paris, un premier constat s’impose : il est toujours aussi difficile d’en juger, par manque de données disponibles. Le rapport «First Step», rédigé par le Climate Disclosure Standards Board (CDSB) et CDP, et que L’Agefi a pu consulter avant sa publication, examine les rapports annuels des 80 principales sociétés européennes. Il montre que seuls 44% d’entre elles sont en conformité avec la directive NFR (Non Financial Reporting), adoptée en 2014. En outre, si 79% des entreprises identifient au moins un risque lié au climat ou à l’environnement, 80% ne prévoient pas de mesure spécifique pour y faire face. Seul motif de consolation : au sein de l’UE, les entreprises françaises sont parmi les plus avancées dans la mise en place de ce reporting, avec leurs voisines britanniques.
«La formulation même de la directive est la principale raison de cette difficulté à rendre compte. Le texte décrit des principes mais n’offre aucune méthode. Il n’oblige pas formellement les entreprises à intégrer ces données environnementales dans leur reporting», tempère Michael Zimonyi, responsable des relations extérieures du CDSB.
«Il ne faut pas mésestimer le coût de la collecte de telles données pour des groupes industriels disposant de plusieurs sites de production, explique Hervé Guez, directeur de la recherche et de la gestion actions et taux chez Mirova. Le développement de standards d’analyse, en l’absence d’homogénéité des textes réglementaires, constitue une difficulté supplémentaire.»
La directive doit être révisée en 2019, dans le cadre du plan d’action pour une finance verte de la Commission, et gagnerait à être précisée, selon les auteurs de l’étude. «Nous avons souhaité mesurer l’impact de la directive NFR dans la perspective de sa révision, en 2019, mais aussi du changement de Parlement et de Commission. Il s’agit de nous assurer que tous disposeront d’une base de réflexion solide pour leurs décisions futures», selon Michael Zimonyi.
Plus d'articles du même thème
-
La réforme de Solvabilité 2 limite son coup de pouce aux titrisations les mieux notées
Les analystes de Bank of America (BofA) ont analysé l'impact des modifications des exigences de fonds propres Solvabilité 2 entrées en vigueur en mars pour une application en 2027. Cette réforme profitera surtout aux notations AAA et, dans une moindre mesure, aux notations AA. -
Donald Trump prolonge sa guerre commerciale
L’administration américaine a instauré de nouveaux droits de douane de 10% ou 12,5% au nom de l’article 301 du Trade Act contre le travail forcé. Un cadre juridique qui inscrit la guerre tarifaire dans la durée. -
L'Europe inflige pour près de 900 millions d'euros d'amendes à Google
Il s'agit des premières sanctions infligées au groupe américain par la Commission dans le cadre du Règlement sur les marchés numériques.
ETF à la Une
First Trust et Global X ETFs rejoignent la course aux ETF spatiaux
- La Société Générale affiche une forme olympique avant un nouveau plan à trois ans
- Les investisseurs troquent leurs carrés Hermès contre des sacs Gucci
- La Société Générale augmente sa cible de rentabilité et va racheter 1,5 milliard d'euros d'actions
- L’IA irrigue la croissance des entreprises du CAC 40
- Citadel vole au secours d'un concurrent mis au tapis par la correction de la tech
Contenu de nos partenaires
-
L'air du largeGéopolitique fiction (3) - Europe 2027 : déchirures et escalades
Nouveau scénario, naturellement fictif, autour des ingérences qui pourraient perturber l'élection présidentielle de 2027 -
Série 16/28Livres politiques : les secrets (et les clichés) derrière le choix des titres
SERIE. Pour l'Opinion, notre chroniqueur Bernard Quiriny a rouvert des essais politiques d’hier à aujourd’hui, des classiques incontournables aux livres de circonstance oubliés -
Menaces« Cette attaque n’est qu’un avant-goût » : Raphaël Glucksmann et Léa Salamé victimes d’une campagne de désinformation russe
Après un faux article évoquant un « complot » en faveur de sa candidature à l’élection présidentielle, l’eurodéputé dénonce une « opération russe (...) identifiée, tracée, attribuée ».