Pékin ne cède pas à la pression d’un assouplissement des règles sur l’immobilier
En réponse à l’appel d’un conseiller de la Banque centrale à assouplir l'étau sur l’immobilier, Pékin réaffirme le maintien «inébranlable» des mesures
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Patrick Aussannaire
Pékin cèdera-t-il à la pression? Inquiétudes sur le niveau de la croissance, sur un éclatement de la bulle immobilière et sur la dette des finances locales alimentent les anticipations d’un assouplissement économique et monétaire des autorités chinoises. Dans le magazine New Fortune, un conseiller de la Banque centrale, Li Daokui, recommande de desserrer l’étau sur le crédit immobilier afin de doper les transactions et garantir un atterrissage en douceur. «Si le resserrement est trop rapide et trop brutal, cela aura un impact oppressant sur la croissance économique globale». Et de rajouter qu'«une chute brutale des prix immobiliers pèserait énormément sur la confiance de la plupart des ménages de la classe moyenne». Certains analystes estiment qu’avec les matières utilisées pour la construction, le secteur immobilier représente 25% du PIB chinois.
Mais Pékin compte maintenir ses mesures de restriction du crédit sur l’achat de résidences secondaires, de hausse du taux hypothécaire et de limitation des achats par les non-résidents. Le Quotidien du Peuple, journal officiel, estime dans son édition d’aujourd’hui que le ratio des prix immobiliers sur les revenus des ménage reste élevé et doit encore baisser pour atteindre un «niveau raisonnable». En écho aux propos du «Politburo» vendredi selon lequel les autorités maintiendraient «inébranlablement» les mesures de contrôle sur l’immobilier, le quotidien indique que «nous sommes dans une période clé de contrôle des fondamentaux macroéconomiques qui n’ont pas encore produits de résultats solides. Nous sommes encore loin du moment souhaité pour assouplir la politique». Seul problème : le programme de logement à bas coût lancé par Pékin pour contrebalancer les mesures restrictives prend du retard.
La baisse du ratio des réserves obligatoires n’a pas suffi à rassurer les marchés, les options de vente à six mois sur l’indice «iShares FTSE China 25» coûtant 23% de plus que les options d’achat. Les marchés anticipent d’autres gestes de la part de Pékin. Le taux de swap à un an a baissé de 3 bp cette nuit à 2,90%, soit une baisse de 85 bp sur le trimestre, et le taux à 7 jours de 27 bp à 3,22% à Shanghai. Si Pékin semble opposé à tout assouplissement généralisé, l’Economic Information Daily indique que le régulateur bancaire chinois va différer l’application des nouvelles règles imposées aux banques du pays, initialement prévue au 1er janvier 2012, et les assouplir.
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