Nyse Euronext et Deutsche Börse font des concessions à Bruxelles
Pour convaincre la Commission que leur fusion n’entravera pas la concurrence, les Bourses acceptent de fissurer un peu leur modèle en silo
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Solenn Poullennec
Nyse Euronext et Deutsche Börse ont dit leur dernier mot. Les deux groupes ont présenté à Bruxelles les concessions qu’ils sont prêts à faire, dans le domaine des dérivés et de la compensation, pour obtenir le feu vert des autorités de la concurrence à leur fusion.
Alors que la Commission leur a notifié ses griefs en octobre, les Bourses se sont employées à démontrer que leur rapprochement ne posait pas de problème de concurrence car le marché des dérivés listés doit être considéré au niveau mondial et comme concurrent de celui des dérivés échangés de gré à gré.
«Il n’est pas question de céder Nyse Liffe ou Eurex alors que leur combinaison représente la logique industrielle de cette opération», rappelle Mark MacGann, vice-président senior en charge des affaires publiques et gouvernementales européennes chez Nyse Euronext.
A défaut d’avoir convaincu la Commission sur tous les points, Nyse Euronext propose de sortir des dérivés sur actions et de céder Bclear, son service qui facilite la compensation des dérivés échangés de gré à gré. Deutsche Börse conservera son service équivalent: OTC Flex. En revanche, Nyse Euronext garde la main sur ses activités d’options alors que son homologue allemand s’engage à céder les siennes.
En matière de dérivés de taux et de dérivés d’indices actions, les Bourses proposent de donner accès à Eurex Clearing à des tiers. Elles accèdent ainsi au vœu de longue date de leurs concurrents de fissurer le modèle en silo tout en plaçant des garde-fous. Un organisme indépendant, lié aux services de Bruxelles, devra déterminer si les produits en question représentent bien des innovations et non pas des copies de ceux déjà vendus par le groupe issu de la fusion.
Et les plates-formes concurrentes ne pourront toujours pas développer des produits dérivés à partir d’indices de référence comme Euro Stoxx, détenu par Deutsche Börse. Sur ce sujet, elles pourraient cependant avoir gain de cause avec la révision de la directive MIF.
La Commission doit rendre sa réponse le 23 janvier prochain. Les Bourses ne devraient plus proposer d’autres changements importants. Dans leur dernière ligne droite, les lobbyistes mobilisent tous les arguments. «Dans un contexte où les entreprises rencontrent des difficultés de financement bancaire il serait regrettable de bloquer la création d’un grand marché européen intégré», souligne Mark MacGann.
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