Nyse Euronext et Deutsche Börse font de nouvelles concessions
La négociation se prolonge entre Bruxelles et le tandem Nyse Euronext-Deutsche Börse. Après avoir déjà présenté des concessions à la mi-novembre, les deux Bourses ont consenti de nouveaux «sacrifices» pour que les autorités de concurrence européennes adoubent enfin leur rapprochement.
Nyse Euronext s’est engagé à se séparer de toutes les activités de dérivés sur actions du Liffe. En novembre, le groupe avait accepté de sortir de cette activité au niveau pan-européen mais restait présent sur ses marchés locaux (Amsterdam, Paris, Bruxelles et Lisbonne). Sur ces derniers c’est Deutsche Börse (moins implantée) qui devait se retirer.
Si aucun régulateur ne s’oppose à la vente de cette branche par Nyse Euronext, son acquéreur pourrait avoir accès à Eurex Clearing pour compenser ces produits. Cependant, la Bourse transatlantique estime qu’un des régulateurs nationaux de ces marchés pourrait s’opposer à une telle vente de peur que ce soit un acteur régulé dans un autre pays qui s’impose. Dans ce cas, c’est Deutsche Börse qui devrait sortir des dérivés actions.
En matière de dérivés de taux et d’indices, les groupes avaient promis en novembre de fissurer leur silo en accordant un accès à Eurex Clearing à leurs concurrents mais seulement pour les nouveaux produits et à condition qu’un organisme certifie que ceux-ci représentent bien des innovations et ne soient pas de simples copies des dérivés déjà vendus par le groupe fusionné. Pour emporter l’adhésion, les Bourses ont renforcé le nombre d’experts indépendants au sein de cet organisme. Et elles s’engagent à accepter de nouveaux produits même s’ils se révèlent extrêmement proches de ceux déjà commercialisés.
Enfin, les deux parties s’engagent à accorder une licence à un tiers pour qu’il puisse accéder au système de négociation d’Eurex et lancer de nouveaux dérivés de taux. Cette concession doit permettre à un seul nouvel entrant de s’installer sur le marché des dérivés alors que la Commission souhaite promouvoir l’émergence de nouveaux acteurs.
Pour contrecarrer le lobbying de leurs concurrents, Nyse Euronext et Deutsche Börse ont aussi lancé une grande campagne de communication avec le soutien de plusieurs patrons, dont Henri Lachmann (Schneider Electric), Christophe de Margerie (Total) et Gérard Mestrallet (GDF Suez). L’avis définitif de la Commission qui était attendu le 23 janvier devrait maintenant être rendu le 9 février.
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