Nouvelle déconvenue pour Fortis à la suite de la suspension de son démembrement
L’établissement a enregistré une perte nette de 295 millions d’euros après avoir liquidé certaines positions en dollars et en livres
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Alexandre Boksenbaum
La malchance continue de s’acharner sur Fortis. Après l’arrêt rendu par la cour d’appel de Bruxelles le 12 décembre suspendant son démembrement et les propos du directeur général de BNP Paribas Baudouin Prot laissant planer l’hypothèse d’un abandon par la banque française de la transaction conclue avec l’Etat fédéral, voici que l’établissement financier doit faire état d’une perte de change. Selon la banque, cette perte nette d’un montant de 295 millions d’euros résulte de la «récente baisse du cours du dollar et de la livre sterling».
Fortis explique ainsi que le 8 décembre dernier, dans le cadre de la transaction alors envisagée entre BNP Paribas et le gouvernement belge, elle avait acquis des dollars et des livres. Ces acquisitions devaient permettre à l’établissement «d’acquitter sa part du financement de Royal Park Investments, l’entité à créer en vue d’héberger le portefeuille de crédits structurés, dans la devise des actifs du portefeuille». Or à la suite de la suspension du démembrement de la banque consécutive au jugement de la cour d’appel bruxelloise, et compte tenu des «incertitudes actuelles» liées à cette décision, Fortis a décidé de liquider ces positions de change. Des liquidations qui ont donc donné lieu à cette perte nette.
L’établissement précise que cela n’est pas sans conséquences sur le reste de ces comptes, puisque ces liquidations ont engendré «une contraction de la position de liquidités nette pro forma au 30 septembre», qui est ainsi passée de 2,1 milliards d’euros à 1,8 milliard. Pis, les actionnaires de la banque en sont également pour leur frais puisqu’à la suite de ces opérations, les capitaux propres pro forma de la banque leur revenant ont été ramenés à 6,4 milliards d’euros, contre 6,7 milliards auparavant, soit 2,54 euros par action comme l’a calculé CM-CIC.
Un analyste de Petercam estime d’ailleurs qu’il serait tentant de penser que Fortis pourrait avoir besoin de nouveaux fonds. Une possibilité que ce spécialiste s’empresse cependant d’écarter en la jugeant peu probable, compte tenu de la situation actuelle. Chez Raymond James, on confirme néanmoins qu’il s’agit-là d’une «mauvaise nouvelle», en soulignant que «nul ne sait quelle autre chose pourrait être annulée» à la suite de cette décision de justice. Autant d’incertitudes qui font penser au bureau d’étude que le rachat de Fortis par BNP Paribas pourrait bien être renégocié.
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