Nicolas Sarkozy défend le plan anticrise et dévoile un nouveau tour de vis budgétaire
Entre 6 et 8 milliards d’euros d'économies ou de recettes fiscales supplémentaires sont promises pour 2012. La prévision de croissance tombe à 1 %
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Antoine Duroyon
Le président de la République a assuré le service après-vente du plan de sauvetage de la zone euro adopté dans la nuit de mercredi à jeudi. Lors d’un entretien télévisé d’une heure, Nicolas Sarkozy a affirmé que faute d’accord, «c’est la totalité de la zone qui risquait en cascade d'être emportée». Au même moment, le Premier ministre grec, Georges Papandréou, déclarait que «la crise nous donne l’opportunité, et l’accord nous donne le temps, de décider ce qui est important pour la Grèce». Depuis Paris, adoptant un ton à visée pédagogique, Nicolas Sarkozy a indiqué que la France avait prêté pour l’instant 11,5 milliards d’euros à la Grèce à un taux de 3 à 5% selon les modalités. «Aujourd’hui, non seulement les prêts de la France à la Grèce n’ont rien coûté mais ont rapporté 200 millions d’intérêts», a-t-il précisé.
Par l’intermédiaire du Fonds européen de stabilité financière (EFSF), la France va garantir par ailleurs 25 milliards d’euros supplémentaires, a-t-il poursuivi. Le chef de l’Etat s'était entretenu plus tôt dans la journée avec le président chinois Hu Jintao des détails de ce plan anticrise. «Il faut que la Chine engage davantage de moyens pour relancer l'économie mondiale», a estimé hier soir Nicolas Sarkozy, jugeant au passage «incontournable» la question de l’intégration du yuan dans le système monétaire international. Selon des sources officieuses, la Chine pourrait abonder à un special purpose investment vehicle adossé à l’EFSF.
Sur le dossier des banques, le gouverneur de la Banque de France, qui aura «pouvoir de sanction et de contrôle», va recevoir dans les prochains jours la totalité des établissements français, avec sur la table la question des bonus. «Nous demandons que la quasi-totalité des dividendes soit affectée au renforcement des fonds propres», a par ailleurs déclaré Nicolas Sarkozy. En ce qui concerne la situation de l'économie française, le locataire de l’Elysée a annoncé que le gouvernement ramènerait sa prévision de croissance de 1,75% à 1% pour 2012. Il a également indiqué que des économies ou des recettes fiscales supplémentaires pour un montant de 6 à 8 milliards d’euros devraient être dégagées. Les décisions seront prises «d’ici une dizaine de jours», après le G20 de Cannes. Il a néanmoins exclu toute augmentation généralisée de la TVA.
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