Natixis accélère la restructuration de sa banque d’investissement

Le plan de transformation confirme la suppression de 15% des effectifs. Mais le retour à la rentabilité sera difficile, selon les analystes
Virginie Deneuville

Recentrage sur la clientèle entreprise et sur la zone européenne, réduction des coûts et des effectifs: les grandes lignes de la restructuration des activités de banque de financement et d’investissement de Natixis avaient été dévoilées début décembre par son directeur général Dominique Ferrero. Alors que ce plan de transformation a été validé jeudi par le conseil de surveillance, son contour a été précisé. Un cantonnement dans une structure interne de 19 milliards d’euros d’actifs risqués, correspondant aux activités d’investissement pour compte propre dans le crédit et les structurés de crédit, a par ailleurs été annoncé.

Si la fermeture de l’ensemble des activités de marché a été démentie, les plus complexes, notamment dans les dérivés actions, taux et fonds, seront arrêtées et les dérivés simples seront rapprochés des activités d’intermédiation et courtage. Au total, la baisse des actifs pondérés devrait osciller entre 4 et 5 milliards pour 2009, et entre 5 à 6 milliards supplémentaires pour 2010. Les activités arrêtées auraient généré entre 300 et 400 millions d’euros de revenus en 2009.

Sur le plan géographique, la présence de Natixis sera réduite en Asie et aux Etats-Unis et arrêtée sur des implantations marginales telles que l’Amérique du Sud. Concernant le volet social, cette refonte des activités engendrera une réduction de 15% des effectifs dans les activités de banque de financement et d’investissement, qui passeront à 4.860 postes fin 2009 contre 5.700 en mars dernier. La réduction des équipes sera portée à 40% dans les activités de marché les plus complexes.

En dépit de ces mesures, le bureau d’études Credit Suisse estime que la division de banque de financement et d’investissement de Natixis restera en perte sur un avenir prévisible, jusqu’en 2011. «Bien que percevant ces efforts de restructuration comme positifs, le pôle devrait générer des pertes nettes en 2009 et 2010, en raison de l’accroissement des provisions pour risque de crédit», renchérit l’intermédiaire financier KBW.

Par ailleurs, alors que Natixis a récemment indiqué avoir une exposition potentielle à hauteur de 450 millions d’euros au scandale Madoff, «cette affaire pourrait forcer le groupe à accélérer encore sa restructuration», estime Credit Suisse.

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