Man Group encaisse le choc des turbulences estivales
Le gestionnaire a perdu près d’un quart de sa valeur en Bourse à l’annonce d’une chute de 8 % des actifs sur trois mois à fin septembre
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Benoît Menou
Man Group a dévoilé hier des résultats semestriels estimés au 30 septembre bien décevants. Traditionnellement dans la ligne de mire des observateurs, la collecte surtout n’a pas répondu aux promesses nées au printemps dans le sillage du rachat de GLG Partners. Au cours des trois mois estivaux, le montant des actifs sous gestion au sein du hedge fund londonien, le plus important coté au monde, devrait ainsi chuter de 8% à 65 milliards de dollars.
La sanction a été claire, le titre abandonnant hier en Bourse de Londres 24,87% à 180 pence, portant sa dégringolade à -39% en 2011.
Si les évolutions de taux de change, avant tout la vigueur du dollar, ont eu un impact négatif de 1,9 milliard sur le volume des actifs, la baisse totale est bien due à des performances de gestion défavorables (1,5 milliard) et surtout à une décollecte nette de 2,6 milliards. Au trimestre précédent, à fin juin, la collecte avait été positive à hauteur de 3,7 milliards de dollars, à la faveur d’un montant record de ventes de 9 milliards. Non seulement ces ventes ont été divisées par deux sur trois mois à fin septembre, mais les rachats ont bondi pour atteindre 7,1 milliards.
Le directeur général de Man Group, Peter Clarke, souligne que les rachats se sont particulièrement accélérés en septembre. Un mois au cours duquel «quelques» clients ont selon le patron de Man Group chacun retiré «quelques centaines de millions» de dollars. Et le dirigeant de concéder que l’appétit d’investisseurs échaudés par les turbulences des marchés ne reviendra probablement pas avant l’année prochaine. «Nous espérons que cela s’améliorera dès que les marchés retrouveront un peu de clarté, particulièrement en Europe» a-t-il ajouté.
Cette frilosité des investisseurs, qui plus est en fin de période sous revue, a eu raison cet été des attentes alors que Man Group poursuit la diversification de ses capacités de gestion, l’historique fonds AHL représentant désormais un tiers environ des actifs sous gestion. Ce mois-ci encore, le gestionnaire alternatif a recruté son tout premier gérant actions basé en Asie, et le fonds AHL de 2,5 milliards de dollars lancé en avril peut se prévaloir de bonnes performances selon le groupe. Avec des ressources disponibles de 3,4 milliards de dollars, dont une trésorerie nette de 700 millions, Man Group entend poursuivre son développement.
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