Londres se décide à ouvrir une enquête pénale dans le dossier des changes
Après les indiscrétions de la presse britannique ce week-end, le Serious Fraud Office (SFO), l’agence gouvernementale britannique anticorruption, n’a pas tardé pour confirmer dans un communiqué succint l’ouverture d’une enquête pénale sur des soupçons de manipulation frauduleuse du marché des changes. Une décision qui intervient plus d’un an après que le régulateur britannique des marchés financiers, la Financial Conduct Authority (FCA), s’est emparé de ce dossier outre-Manche dans le cadre d’une enquête préliminaire.
Un délai particulièrement long qui a suscité la réprobation parmi les parlementaires britanniques, alors que ces derniers estiment que les pratiques incriminées se rapprochent de celles observées dans l’affaire du Libor. La Banque d’Angleterre (BoE) a également essuyé son lot de critiques. Elle a suspendu un employé et recruté un conseiller juridique indépendant, Anthony Grabiner, afin d’enquêter sur des accusations de complaisance de certains membres de l’institut vis-à-vis de pratiques figurant au cœur du dossier.
Si le SFO a pris son temps, d’autres autorités à travers le monde ont pris les devants, notamment le département de la Justice (DoJ) aux Etats-Unis. Toutes s’efforcent de déterminer si des traders au sein des plus grandes banques mondiales ont pu échanger des informations au détriment de leurs clients et s’entendre afin de fixer illégalement le taux de référence WM/Reuters.
«La collusion entre les traders pour orienter le «fixing» de 16 heures sera difficile à prouver, mais les espaces de messagerie utilisés par les traders pourraient être la clé pour les enquêteurs», estime Mark Taylor, professeur au sein de la Warwick Business School et conseiller senior de la BoE. Alors que le taux WM/Reuters est calculé en retenant la médiane des transactions réalisées pendant soixante secondes, il suggère de porter ce laps de temps à soixante minutes, rendant «beaucoup plus difficile, voire impossible» toute manipulation.
Une proposition que partage le Conseil de stabilité financière (FSB), qui vient de soumettre à consultation quinze recommandations. Pour l’heure, plus de 25 traders ont été licenciés ou suspendus. Les quatre principaux acteurs du marché - Citigroup, Deutsche Bank, Barclays et UBS - ont tous affirmé qu’ils coopéraient aux enquêtes en cours.
Plus d'articles du même thème
-
L’espoir autour de l’Iran prolonge l’euphorie des marchés
Wall Street avait un peu accusé le coup après la première réunion de la Fed sous Kevin Warsh mercredi. Si les investisseurs obligataires restent dubitatifs, la détente sur les prix de l’énergie synonyme de moindre inflation en cas de réouverture du détroit d’Ormuz pourrait soutenir encore un peu plus les actions et l’IA. -
Les patrons du CAC 40 ont besoin d’enrichir leurs compétences pour transformer l’entreprise
Dirigeants et administrateurs relèvent un décalage important entre les compétences du directeur général et celles nécessaires pour atteindre les objectifs stratégiques. Plus que les autres pays européens, les grandes entreprises françaises privilégient un patron issu de l’interne avec un profil très opérationnel. -
Pour ses cinq ans en France, Klarna veut être considérée comme une banque
Le champion du paiement fractionné suédois a une licence bancaire depuis 2017. Il veut convaincre les Français d'utiliser ses produits bancaires présents sur sa super-app rose.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- La Région Auvergne-Rhône-Alpes lance un appel d'offres pour un fonds défense de 100 millions d'euros
- Les zinzins de l'espace sont prêts pour le décollage boursier de SpaceX
- La frontière entre actifs cotés et non cotés s'estompe dans les allocations institutionnelles
- Des investisseurs institutionnels interpellent les chefs d'Etat sur le marché européen du carbone
- Le fonds Défense de Bpifrance collecte 100 millions d'euros auprès des particuliers
Contenu de nos partenaires
-
Tchao PantinAvec Rima Hassan et Bally Bagayoko, la « Nouvelle France » avance désormais sans Jean-Luc Mélenchon
Lors d’un meeting-concert dédié à la Palestine, qui avait lieu mercredi soir à Strasbourg, l’eurodéputée et le maire de Saint-Denis ont prouvé qu’ils n’avaient plus besoin du paterfamilias de LFI pour « abattre la citadelle » -
LogementLes propriétaires immobiliers enfin gagnants ?
Chose promise, chose due, le projet de loi Relance logement propose d’assouplir les conditions pour bénéficier du dispositif défiscalisant Jeanbrun. Il relâche aussi la pression sur le calendrier DPE d’interdiction de location -
Droit dans le murLogement : une loi pour bâtir plus vite, vraiment ?
Le grand projet de loi Relance logement, qui sera présenté mercredi 24 juin en Conseil des ministres et que l'Opinion a consulté, promet encore et toujours de simplifier les normes pour construire dans des délais plus brefs