L’Italie et l’Espagne cherchent la reconnaissance des efforts consentis
L’Italie est la ligne de front de cette crise». Tel est le constat fait hier par David Riley, responsable chez Fitch alors que l’agence envisage de dégrader la note de plusieurs pays européens, dont l’Italie et l’Espagne. L’Italie doit émettre 440 milliards d’euros cette année alors que le rendement à 10 ans des obligations était de 7,13% hier, soit un écart avec le Bund allemand de 525 bp. Mais Fitch pointe du doigt les insuffisances des négociations européennes qui, au stade actuel, ne constituent pas un «bouclier crédible» contre la crise.
Une opinion partagée par le chef du gouvernement italien dans un entretien accordé aujourd’hui au journal Die Welt, avant sa rencontre avec Angela Merkel. «Le problème est qu’en dépit de ces sacrifices, nous ne voyons pas de concessions de la part de l’Union Européenne, sous la forme par exemple de taux d’intérêt plus faibles» estime Mario Monti. Et d’ajouter que «ma politique ne pourra pas réussir si les politiques de l’UE ne changent pas. Si cela ne se produit pas, l’Italie, qui a toujours été un pays pro-européen, pourrait tomber entre les mains de populistes». Mario Monti renvoie la France et l’Allemagne à leurs responsabilités avant le Conseil européen du 30 janvier, en estimant que les libertés prises dans le passé avec les limites de déficits fixées par le traité de Maastricht constituent «la pire erreur dans l’UE de ces dix dernières années».
De son côté, l’Espagne tient boutique ouverte. Les trente plus importantes sociétés du pays, accompagnés de ministres du gouvernement et du roi Juan Carlos tiendront aujourd’hui une «journée investisseurs de l’Espagne» destinée à vanter les efforts consentis en matière budgétaire par le pays et attirer les investissements étrangers. L’indice Ibex 35 a cédé 13,3% l’an dernier. Les sociétés espagnoles «ont encore besoin de capitaux, et cela passe par le fait de convaincre que l’Espagne constitue un investissement solide de long terme» estime Robert Tornabell, professeur à l’Esade Business School.
La baisse récente de l’euro est en ce sens une aubaine « pour la moitié des exportations destinée à d’autres pays que ceux de la zone euro» selon Natixis. A Tokyo, l’euro cédait 0,2% contre dollar à 1,2749 et contre yen à 98,04, avec des positions vendeuses d’euro atteignant des niveaux historiquement élevés de 128.000 contrats futures, indiquant une poursuite du mouvement.
Plus d'articles du même thème
-
Nippon Paint convoite les peintures décoratives d’Akzo Nobel
Le groupe japonais a proposé 7,5 milliards d’euros pour acquérir cette activité auprès du chimiste néerlandais. Mais celui-ci privilégie sa fusion avec l’américain Axalta. -
Les banques allemandes veulent récupérer les garanties perdues à cause des sanctions russes
Deutsche Bank, HVB et Commerzbank ont intenté un procès à l’entreprise Linde. Elles lui avaient accordé des garanties pour un projet gazier qui a été annulé à cause des sanctions internationales contre la Russie. Le résultat du procès pourrait influer sur la manière dont les banques envisagent leurs garanties dans des pays politiquement exposés. -
Mastercard sécurise son futur sur la blockchain
L'entreprise souhaite proposer à ses clients à la fois des cartes pour payer en cryptomonnaie, des stablecoins pour les paiements transfrontaliers et des dépôts tokenisés pour les banques. -
Lhyfe fait entrer l’allemand Messer au capital de ses sites de production
Le groupe allemand signe également un contrat d’approvisionnement en hydrogène renouvelable sur dix ans auprès du producteur nantais d’hydrogène vert. Le cours de Lhyfe, après avoir touché un point bas, rebondit de plus de 30%. -
Souveraineté : la compétitivité européenne passera par l’investissement dans ses entreprises technologiques
Christophe Hautin, gérant actions senior chez Allianz Global Investors, explique dans cette tribune pourquoi, comme le constatait notamment le rapport Draghi publié en 2024, il y a une urgente nécessité de mobiliser davantage de capitaux vers les entreprises technologiques européennes afin de soutenir la compétitivité, l'innovation et l'autonomie stratégique du continent. -
Le second semestre 2026 se complexifie pour les allocataires
Le mid-year outlook 2026 d'iCapital identifie plusieurs tendances parmi lesquelles une vigilance croissante au sujet de la rentabilité de l'IA et une dispersion des performances des gérants surtout dans le non-coté.
ETF à la Une
Amundi lance un ETF sur les actions monde
Contenu de nos partenaires
-
Les Etats-Unis frappent l’Iran pour la troisième nuit d’affilée
Alors que le blocus naval des ports iraniens par les Etats-Unis doit être rétabli mardi, ces derniers ont mené une troisième nuit d’affilée de frappes sur l’Iran. Téhéran a répliqué en frappant le Bahreïn et des tankers émiratis -
Choix publicsLa France est-elle une nostalgie ?
L’imaginaire national français ne saurait être qu’une nostalgie, un regard envieux et attristé vers un passé idéalisé, révélateur d’une fuite devant l’avenir -
L'air du largeUne Europe radicalement différente en 2027 ?
Un basculement populiste du Royaume-Uni, de l'Allemagne et de la France donnerait naissance à une Europe inédite, en rupture totale avec celle des Pères fondateurs