L’Italie durcit son plan d’austérité sous la pression des marchés
Parmi les amendements les plus notables, la taxe sur la valeur ajoutée va être relevée d’un point de pourcentage, à 21 %
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Antoine Duroyon
Malgré le mécontentent exprimé hier par des dizaines de milliers de manifestants à travers toute l’Italie, le gouvernement de Silvio Berlusconi s’est vu contraint d’apporter quelques retouches de dernière minute à son plan d’austérité de 44,5 milliards d’euros. Un plan qui s’était considérablement édulcoré au fil du temps, avec notamment l’abandon d’un changement du mode de calcul des retraites.
Le président italien Giorgio Napolitano avait appelé lundi soir à des mesures «capables de renforcer l’efficacité et la crédibilité» du correctif budgétaire adopté par le gouvernement le 12 août. «Il est essentiel que soient mises en œuvre toutes les mesures qui permettront à moyen terme au potentiel italien de s’exprimer pleinement», avait lancé de son côté la semaine dernière Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne (BCE). Cette dernière a fait passer en filigrane un message clair; c’est sur la foi des nouveaux engagements budgétaires pris en août qu’elle a procédé à des rachats de dette sur le marché secondaire.
La énième version de ce décret ne devrait toujours pas faire l’unanimité. Selon les amendements entérinés mardi par le gouvernement, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) va être relevée d’un point de pourcentage, à 21%. Une mesure que le ministre de l’Economie Giulio Tremonti a longtemps battue en brèche. Parmi les autres modifications annoncées, une contribution exceptionnelle de 3% va être appliquée aux revenus supérieurs à 500.000 euros, un mécanisme que la France va aussi mettre en œuvre. La mouture précédente, plus sévère, incluait une taxe de 5% sur les revenus entre 90.000 et 150.000 euros et de 10% sur les revenus dépassant 150.000 euros. Et l’âge de la retraite pour les femmes devrait être repoussé à 65 ans dans le secteur privé à compter de 2014.
Le Conseil des ministres s’est réuni hier à Rome pour autoriser un vote de confiance du Parlement sur ces mesures. Il doit se réunir une nouvelle fois jeudi afin de se prononcer sur le principe d’une modification de la Constitution pour y inclure une «règle d’or» sur l'équilibre budgétaire. Le Sénat a commencé hier à débattre du plan d’austérité, qu’il pourrait approuver dès aujourd’hui. Si cette procédure accélérée se déroule selon le scénario espéré, un vote final par la Chambre des députés pourrait intervenir dès la fin de la semaine.
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