Liquidité et perspectives budgétaires dirigent les spreads OAT/Bund
Alors que le marché de la dette souveraine a commencé à intégrer les futurs dérapages budgétaires et à tester sa capacité à absorber le déluge de liquidités, les spreads entre titres français et allemands présentent des divergences selon les maturités qui s’expliquent par la liquidité et les perspectives budgétaires telles qu’elles sont perçues par le marché.
A très court terme, suite aux récentes adjudications de billets de trésorerie français, les spreads à 3 mois dirigés plutôt par la liquidité, ont reflué de 58 à 25 pb à 3 mois. Sur le 2 ans, ils s’élèvent à 36 pb. Sur les maturités 3 et 4 ans où les émissions sont plus rares, ils évoluent entre 50 et 60 pb. De 5 à 8 ans, ils stagnent autour des 40 pb. Celles à 9 et 10 ans dépassent les 50 pb.
«Sur les maturités 2, 5 et 10 ans, la liquidité plus importante dont jouissent les obligations allemandes de référence explique les larges spreads entre OAT et Bund. Pour ce qui est des échéances intermédiaires, les émissions allemandes anciennes voient en général leur prix dégringoler, d’où les moindres spreads avec les titres français», explique René Defossez, stratégiste taux chez Natixis.
Pour les échéances plus longues, les spreads restent inférieurs à 25 pb. «D’une manière générale, le creusement de l’écart de rendement entre OAT et Bund se justifie par des perspectives budgétaires plus défavorables du côté de la France, son déficit public étant évalué par la Commission européenne à 5,4% cette année. De plus, les titres français ne bénéficient pas d’un marché de futures comme il en existe outre-Rhin», rappelle le stratégiste.
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