L’intervention de la BCE a apaisé les problèmes de financement en dollars
Le financement en dollars est un peu moins compliqué qu’avant pour les banques. Ainsi, le swap croisé de devises euro/dollar à 3 mois, qui représente la prime payée par les banques empruntant des euros et les échangeant contre des dollars, s’est détendu ces dernières semaines. Il était à -79 points de base hier, contre un pic à -157 pb fin novembre. Le Libor dollar à trois mois, s’est également un peu détendu à 0,56% contre 0,58% fin décembre.
Il faut dire que les banques centrales n’ont pas ménagé leurs efforts pour faciliter l’approvisionnement des banques en billets verts. Fin novembre, la BCE a annoncé la prolongation de ses opérations de financement en dollars jusqu’à début 2013. Surtout, elle a décidé avec la Fed de modérer le coût de son guichet. Le recours à celui-ci est devenu moins stigmatisant et les banques n’ont pas hésité à emprunter à trois mois pour 50,7 milliards de dollars en décembre et 25,6 milliards début janvier. Hier encore, elles ont emprunté 5,9 milliards à 7 jours.
Heureusement que les banques peuvent compter sur la BCE car les fonds monétaires sont loin d’avoir terminé leur mouvement de retrait. La dernière étude de Fitch précise qu’au quatrième trimestre 2011 «les fonds monétaires américains ont continué de réduire leur exposition aux banques de la zone euro, particulièrement à celles basées en France, en faveur des titres d’Etat américains et des institutions financières du Japon, de l’Australie ou de l’Europe du Nord». Même si les analystes de RBS ne croient pas à un retour des fonds monétaires, ils soulignent que le papier commercial noté AA, émis par des financières, de maturité supérieure à 80 jours est revenu aux niveaux de septembre, ce qui est plutôt bon signe.
L’intervention de la BCE n’explique pas tout. «Il y a aussi un effet quantité, les besoins de financement en dollars sont en baisse car les banques réduisent aussi leurs activités en dollars», souligne Patrick Jacq, stratégiste chez BNP Paribas. Les établissements français ont commencé à se retirer de leurs activités fortement consommatrices de billet vert, comme le financement de projets, le financement export et le financement aéronautique. «Les banques ne peuvent pas se désengager d’activités en dollars du jour au lendemain donc les mouvements à la baisse ou à la hausse des taux ne sont pas très rapides», ajoute Patrick Jacq.
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