L’inflation faible ramène le consensus à la Banque d’Angleterre
Retour au consensus au sein de la Banque d’Angleterre. Pour la première fois depuis le mois de juillet, les neuf membres du comité de politique monétaire de l’institution ont voté en janvier comme un seul homme pour un statu quo sur les taux à 0,5%, selon les «minutes» publiées hier. Les deux banquiers centraux qui s’étaient montrés ces derniers mois favorables à une hausse des taux, Martin Weale et Ian McCafferty, ont tourné casaque en raison des risques de faible inflation prolongée dans le pays. Ce revirement a surpris les économistes et a entraîné un léger recul du sterling, à 1,51 dollar et 1,307 euro.
Le rythme annuel de hausse des prix est tombé à 0,5% en décembre au Royaume-Uni, contre 1% en novembre, loin de l’objectif de 2% poursuivi par la BoE. La chute des prix du pétrole devrait se traduire par une inflation basse au moins pour le premier semestre. Le texte des minutes laisse cependant transparaître une appréciation plus nuancée. Martin Weale et Ian McCafferty soulignent que la chute récente «a été probablement largement due à des facteurs temporaires» et qu’elle «ne devrait pas affecter le comportement des ménages». Ils ont seulement jugé qu’une hausse des taux, à ce stade, accroîtrait les risques d’une inflation faible au-delà de ces facteurs temporaires.
«Plus important selon nous, il semble qu’il y ait une inflexion du sentiment des sept autres membres. Ils reconnaissent de manière plus claire les risques qu’une inflation faible devienne plus ancrée et affecte les anticipations», notait hier Ross Walker, l’économiste de RBS.
Le renforcement du camp des «colombes» intervient alors que les chiffres de l’emploi publiés hier outre-Manche ont été meilleurs qu’attendu. En novembre, le taux de chômage est tombé de 6% à 5,8% et la croissance des salaires est passée de 1,6% à 1,8% sur un an.
Ces éléments contradictoires brouillent la perspective d’une hausse des taux au Royaume-Uni cette année, alors que la BoE passait l’an dernier pour la première des grandes banques centrales à devoir remonter ses taux courant 2015. «Un relèvement plus tard dans l’année reste probable selon nous, car bien que l’inflation reste basse pour l’instant, des pressions sur les prix à moyen terme, auxquelles la BoE fait référence dans les minutes, commencent à se faire jour», estime James Knightley, économiste chez ING.
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