L’Inde assouplit l’investissement étranger face au repli de sa devise
Avec un indice de référence Sensex en chute de 25% et une roupie en baisse de 14,7% face au dollar en 2011, le gouvernement indien se devait de réagir. Le ministère des Finances a annoncé ce week-end la libéralisation prochaine des marchés d’actions domestiques. A partir du 15 janvier, les investisseurs étrangers qualifiés (QFI) pourront investir directement dans les titres boursiers indiens. Jusqu'à présent, les investisseurs individuels pouvaient se positionner sur les actions indiennes uniquement via des notes participatives, non régulées et non taxées, et dont l’impact en termes de volatilité et de change est décrié.
Cette mesure vise, selon les autorités, «à élargir la classe des investisseurs, à attirer davantage de fonds étrangers et à réduire la volatilité du marché». D’après les données collectées par les régulateurs locaux, les investisseurs étrangers ont retiré 495,5 millions de dollars des marchés boursiers indiens après un afflux record de 29,4 milliards en 2010.
«Dans un contexte de risques baissiers sur le taux de change et avec la montée de besoins financiers externes (le déficit courant dépasse 3% du PIB), la décision du gouvernement, visant à attirer des portefeuilles d’investissements étrangers, devrait accroître l’offre de change sur le marché domestique», estiment les économistes de Natixis.
Cette mesure était largement anticipée alors que le gouvernement se retrouve sous pression après des échecs récents dans la libéralisation du commerce de détail et la lutte contre la corruption. Lors de la présentation de ses vœux, le Premier ministre Manmohan Singh a souligné que la croissance économique du pays n'était pas acquise et que des initiatives urgentes devaient être prises afin d’inverser la tendance. Selon des données de l’OCDE datant de novembre, la croissance indienne devrait s'établir à 7,1% cette année après avoir dépassé 9% en 2011.
Les dernières statistiques publiées ont toutefois apporté une bonne nouvelle; l’indice PMI composite a grimpé à 54,2 en décembre, son rythme le plus rapide depuis six mois, après 51 en novembre. «Néanmoins, le déclin des exportations (+3,9% en novembre en glissement annuel contre +10,6% en octobre, ndlr) nous empêche d'être trop optimistes car cela montre l’impact continu des chocs externes sur l'économie indienne», prévient la recherche de Natixis.
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