L’Europe se réforme pour regagner la confiance des marchés

Les dirigeants européens se sont mis d’accord sur un nouveau traité à 17 qui met fin au PSI et prévoit une contribution de 200 milliards au FMI
Patrick Aussannaire

La Grande-Bretagne n’a pas réussi à enrayer la volonté de Paris et Berlin. A l’issue de douze heures d’âpres négociations, les responsables européens se sont entendus pour signer un nouveau traité intergouvernemental à 17 qui sera rédigé d’ici mars réformant le fonctionnement de la zone monétaire unique et ouvert aux pays qui voudraient y souscrire. «Nous aurions préféré une réforme des traités à 27, cela n’a pas été possible compte tenu de la position de nos amis britanniques» a déclaré le président français lors de la conférence de presse donnée ce matin. Nicolas Sarkozy a jugé les conditions posées par David Cameron comme «inacceptables», notamment sur la conservation des statuts des services financiers britanniques.

L’ensemble des propositions de renforcement de la discipline budgétaire contenues dans la lettre franco-allemande transmise mercredi au président du Conseil européen ont été adoptées. Herman Van Rompuy indiquait à l’issue du sommet que «nous nous sommes tous engagés à des nouvelles règles fiscales fortes en Europe. Cela signifie que les Etats membres devront le transposer dans leur constitution» et «soumettre leur projet budgétaire à la CE». Or, il s’agissait d’une condition nécessaire de la part de la BCE qui pourrait ouvrir la voie à une accélération des efforts de la banque centrale en termes de rachats d’obligations d’Etat. Son président, Mario Draghi, s’est d’ailleurs félicité de cet accord en estimant qu’il « constituera la base pour une bon pacte fiscal et plus de discipline dans la gestion des politiques économiques des Etats membres de la zone euro».

De plus, en contrepartie d’une exigence accrue de la discipline budgétaire des Etats, le traité enterre définitivement le PSI. Herman Van Rompuy a indiqué que «notre première approche du PSI, qui a eu des effets très négatifs sur les marchés de la dette, est à présent définitivement terminée».

La chancelière allemande a précisé que la nouvelle contribution européenne au FMI, qui sera étudiée par les Etats membres sous huit jours, pourrait prendre la forme de lignes de crédit bilatérales de 200 milliards d’euros. «Nous envisageons de mettre en place des fonds disponibles pour le FMI sous forme de lignes de crédit bilatérales afin de disposer d’un soutien additionnel à l’euro avec l’aide d’autres pays n’appartenant pas à la zone euro». Cette mesure ouvre ainsi la porte à des contributions extérieures pour soutenir la zone euro, et notamment des BRIC.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...