L’Europe se réforme pour regagner la confiance des marchés
La Grande-Bretagne n’a pas réussi à enrayer la volonté de Paris et Berlin. A l’issue de douze heures d’âpres négociations, les responsables européens se sont entendus pour signer un nouveau traité intergouvernemental à 17 qui sera rédigé d’ici mars réformant le fonctionnement de la zone monétaire unique et ouvert aux pays qui voudraient y souscrire. «Nous aurions préféré une réforme des traités à 27, cela n’a pas été possible compte tenu de la position de nos amis britanniques» a déclaré le président français lors de la conférence de presse donnée ce matin. Nicolas Sarkozy a jugé les conditions posées par David Cameron comme «inacceptables», notamment sur la conservation des statuts des services financiers britanniques.
L’ensemble des propositions de renforcement de la discipline budgétaire contenues dans la lettre franco-allemande transmise mercredi au président du Conseil européen ont été adoptées. Herman Van Rompuy indiquait à l’issue du sommet que «nous nous sommes tous engagés à des nouvelles règles fiscales fortes en Europe. Cela signifie que les Etats membres devront le transposer dans leur constitution» et «soumettre leur projet budgétaire à la CE». Or, il s’agissait d’une condition nécessaire de la part de la BCE qui pourrait ouvrir la voie à une accélération des efforts de la banque centrale en termes de rachats d’obligations d’Etat. Son président, Mario Draghi, s’est d’ailleurs félicité de cet accord en estimant qu’il « constituera la base pour une bon pacte fiscal et plus de discipline dans la gestion des politiques économiques des Etats membres de la zone euro».
De plus, en contrepartie d’une exigence accrue de la discipline budgétaire des Etats, le traité enterre définitivement le PSI. Herman Van Rompuy a indiqué que «notre première approche du PSI, qui a eu des effets très négatifs sur les marchés de la dette, est à présent définitivement terminée».
La chancelière allemande a précisé que la nouvelle contribution européenne au FMI, qui sera étudiée par les Etats membres sous huit jours, pourrait prendre la forme de lignes de crédit bilatérales de 200 milliards d’euros. «Nous envisageons de mettre en place des fonds disponibles pour le FMI sous forme de lignes de crédit bilatérales afin de disposer d’un soutien additionnel à l’euro avec l’aide d’autres pays n’appartenant pas à la zone euro». Cette mesure ouvre ainsi la porte à des contributions extérieures pour soutenir la zone euro, et notamment des BRIC.
Plus d'articles du même thème
-
Les grandes banques américaines surfent sur les opérations de marché
JPMorgan, Goldman Sachs, BofA, Citigroup et Wells Fargo ont tiré parti du dynamisme du trading et de leurs activités dans la banque d’investissement au deuxième trimestre 2026. -
L’AMF mise sur la directive SRD 3 pour faciliter l’exercice des droits des actionnaires
Le régulateur français dévoile ses réponses à la consultation de Bruxelles sur la révision de la directive concernant le droit des actionnaires (SRD). -
Les émissions d’obligations d’entreprises signent un premier semestre exceptionnel
Le marché primaire corporate euro a enregistré un semestre record à 285 milliards d’euros, porté notamment par les sociétés américaines, dont les hyperscalers, et soutenu par la forte demande des investisseurs. Et ce malgré le conflit en Iran. -
L'inflation aux États-Unis ralentit plus que prévu en juin
Les rebondissements autour du détroit d'Ormuz pourraient cependant créer de nouvelles tensions sur les prix. -
Les banques françaises ont le sort de Casino entre leurs mains
Le distributeur a choisi la proposition de restructuration de son premier actionnaire, Daniel Kretinsky, mais il réclame un geste de ses banquiers pour pouvoir la mettre en œuvre. Verdict le 20 juillet. -
Le marché primaire des dettes financières résiste malgré les tensions géopolitiques
Les émissions en euros 2026 ont dépassé celles de 2025 malgré la guerre en Iran, mais avec de fortes disparités selon les segments liées notamment à de moindres besoins en dettes subordonnées. Ce qui devrait limiter la possibilité de battre des records d’ici à fin décembre.
ETF à la Une
Amundi lance un ETF sur les actions monde
Contenu de nos partenaires
-
Jour J, heure HFin de vie : ultimes vertiges parmi les députés
Alors que « l’aide à mourir » doit être adoptée par un vote solennel ce mercredi, des hésitations se font encore jour au Palais-Bourbon parmi des élus qui ont conscience de vivre un moment d’Histoire -
Encore et encoreEntre l’Iran et Trump, la bataille d’Ormuz repart de plus belle
Echaudé par les attaques iraniennes, le président américain a annoncé l’instauration d’une taxe de 20 % pour le passage du détroit. Avant d’y renoncer sous la pression -
EditorialAide à mourir, la liberté abîmée
Il n’y a pas de liberté véritable si les consciences ne sont pas éclairées par la vérité des faits. Or, à toutes les étapes du débat sur la fin de vie, la vérité aura été maltraitée.