L’Europe place les Grecs devant leurs responsabilités
Jean-Claude Juncker s’est adressé lundi directement au peuple grec, appelé à se prononcer par référendum dimanche 5 juillet sur le plan d’aide au pays. «Les Grecs doivent savoir ce qui était sur la table», a indiqué le président de la Commission européenne. Jean-Claude Juncker a défendu le paquet de mesures demandées à Athènes par les créanciers du pays, en soulignant que les ministres des Finances de la zone euro étaient prêts à parler d’un allègement de la dette grecque «dès cet automne». Un vote non au référendum serait un «non» à l’Europe, a insisté Jean-Claude Juncker.
«L’Europe peut faire face nettement mieux aux crises de situations comme celle que nous avons en Grèce actuellement parce que nous avons fait beaucoup ensemble», a pour sa part déclaré la chancelière allemande Angela Merkel lundi matin, à l’issue d’une réunion des dirigeants de son parti, l’Union chrétienne-démocrate (CDU). Il est certes important de trouver des compromis, a-t-elle ajouté, mais cela ne doit pas saper le principe fondamental selon lequel la solidarité doit aller de pair avec les efforts. La dirigeante aurait déclaré lors de cette réunion qu’il revenait à la Grèce de bouger pour sortir de l’impasse où elle se trouve avec ses partenaires de la zone euro, selon Reuters.
Dans une interview accordée au quotidien allemand Handelsblatt et à plusieurs journaux européens datés de lundi, le Premier ministre chinois Li Keqiang indique quant à lui que l’Union européenne a le soutien de la Chine en ce qui concerne le dossier grec, Pékin ayant intérêt à une Europe unie et un euro fort.
La rupture des négociations entre Athènes et ses créanciers, à la suite de la convocation d’un referendum par le Premier ministre Alexis Tsipras, et la mise en œuvre lundi d’un contrôle des capitaux, ont fait plonger les marchés. Vers 13h30, les indices actions européens reculaient de 3,5% à 4% (-3,93% pour l’Euro Stoxx 50). Sur les marchés obligataires, où la violence des mouvements est susceptible d'être atténuée par les interventions de la BCE, les spreads intra-zone euro s'écartaient de 30 à 40 pb. Alors que les rendements à 10 ans français et allemands diminuaient respectivement de 9 et 14 pb, à 1,20% et 0,78%, ceux de l’Italie, de l’Espagne et du Portugal se tendaient de 17pb (2,31%), 16pb (2,26%) et 24 pb (2,92%).
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