L’Europe impuissante face au risque de défaut grec
La montée des tensions fait des trois semaines à venir une période semée d’embûches
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Florence Autret, à Wroclaw
Sommet Ecofin à Wroclaw (Pologne) le 16 septembre 2011. Photo : Bartek Sadowski/Bloomberg
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Réunis à Wroclaw, en Pologne, les ministres des finances européens se sont quittés samedi sans avoir levé, loin s’en faut, les incertitudes sur le financement à court terme de la Grèce. Le nouveau calendrier des ratifications parlementaires court jusqu’à mi-octobre, «vraiment une date limite», a noté le ministre des Finances belge. Les participants visiblement tendus et inquiets de la contagion de la crise de la dette souveraine sur le secteur bancaire, sont apparus impuissants à l’endiguer.
Trois obstacles restent sur le chemin du déblocage des fonds qui doivent éviter à la Grèce de se déclarer en défaut en octobre. A la demande finlandaise de collatéral en contrepartie de sa participation au second plan grec, «une solution technique est à portée de main», a déclaré le ministre de l’Economie François Baroin. «Il nous faut une solution qui ne coûte rien à la Grèce et qui ne soit pas une lex finlanda», a déclaré une source européenne. Elle consisterait à proposer aux participants une option, ouverte à tous et pas seulement aux Finlandais, pour une garantie sur des actifs grecs, en contrepartie de quoi la part réservée au pays qui opte dans la rémunération versée par la Grèce au Fonds de stabilité européen serait réduite par rapport à celle des pays n’ayant pas de garantie.
S’agissant des ratifications parlementaires de l’accord du 21 juillet, les douze pays qui n’y ont pas encore procédé ont pris l’engagement de le faire avant mi-octobre. Le vote du Bundestag est fixé du 29 septembre, celui de l’Autriche, le 30. Les Slovaques, qui rechignaient, auraient consenti à tenir le calendrier sous réserve d’être les derniers à voter. La lenteur des ratifications a suscité des commentaires ironiques du ministre belge dont le gouvernement, en affaires courantes, fait partie des cinq à avoir fait ratifier l’accord.
Reste que la montée des tensions au sein des gouvernements et des parlements nationaux fait des trois semaines à venir une période à haut risque. Le ministre allemand des Finances a lancé pendant le week-end un avertissement à son allié au gouvernement, le parti libéral, en le menaçant de rompre la coalition s’il adoptait une ligne eurosceptique. Le président du FDP, Philipp Rösler, également vice-chancelier, qui a recommandé de lever le tabou d’un défaut grec, s’apprête à organiser un référendum interne au parti au sujet de l’euro.
Le troisième obstacle à lever est grec. Les chefs de délégation de la troïka doivent retourner à Athènes cette semaine pour vérifier notamment la mise en place rapide de la nouvelle taxe immobilière annoncée ce mois-ci, pour compenser l’effet de la récession sur les rentrées fiscales. Par ailleurs, les négociations avec les investisseurs privés pour garantir 135 milliards d’euros de fonds privés à Athènes d’ici 2020 ne progressent pas aussi vite que prévu. «Si l’objectif de 90% [de participation] n’est pas atteint, il faudra trouver le financement autre part», a dit vendredi Didier Reynders.
Samedi, enfin, les ministres se sont penchés sur la situation du secteur bancaire. Seul le ministre suédois des Finances, Anders Borg, cité par Reuters, a évoqué un «besoin clair de recapitaliser les banques». La Commission européenne s’attend à ce que certains établissements ne puissent pas lever sur le marché tous les capitaux dont elles ont besoin et refassent appel aux autorités publiques pour les aider.
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