L’Eurogroupe refuse de fixer un objectif d’expansion budgétaire
Les ministres des Finances de la zone euro n’ont pas voulu fixer d’objectif d’expansion budgétaire pour l’année prochaine, a annoncé aujourd’hui le président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem, rejetant ainsi une proposition de la Commission européenne pour relancer la croissance. Lors d’une réunion ordinaire à Bruxelles, les ministres ont convenus que l’Allemagne, les Pays-Bas et le Luxembourg (c’est-à-dire les pays disposant des excédents budgétaires les plus élevés) devraient dépenser plus «en fonction des circonstances propres à chacun, tout en respectant l’objectif à moyen terme, les prérogatives budgétaires nationales et les exigences nationales». Mais ils ne sont pas parvenus à fixer un objectif d’expansion budgétaire pour le bloc l’année prochaine. «Mais chiffrer cela ou en faire un objectif n’a pas été accepté par l’Eurogroupe», a indiqué Jeroen Dijsselbloem lors d’une conférence de presse.
Face à la montée de l’euroscepticisme en Europe après des années de croissance faible et de chômage persistant, la Commission avait proposé en novembre dernier d’assouplir la politique budgétaire des 19 pays de la zone euro. Elle a suggéré une expansion budgétaire «allant jusqu'à 0,5% du PIB» pour 2017. L’Allemagne, première économie de l’Union européenne, a critiqué cette proposition: le ministre des Finances Wolfgang Schäuble a souligné que Berlin avait déjà investi beaucoup plus que la moyenne des pays de la zone euro dans la dernière décennie. Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques, a relevé que quelques pays étaient d’accord pour viser «une légère expansion budgétaire, mais sans la chiffrer».
Concernant l’Italie, au lendemain de la victoire du «non» au référendum sur le projet de réforme constitutionnelle, l’Eurogroupe s’abstiendra de lui demander immédiatement de nouvelles mesures pour mettre son projet de budget 2017 en conformité avec les exigences européennes, a déclaré Jeroen Dijsselbloem.
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