L’Espagne mise sur son nouveau premier ministre pour restaurer la confiance
Le Parti Populaire de Mariano Rajoy a réunit hier près de 45% des voix et une majorité absolue au Congrès des députés, de 186 élus sur 350
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Patrick Aussannaire
L’Espagne mise sur la reconquête de sa confiance perdue. En donnant hier au Parti Populaire de Mariano Rajoy près de 45% des voix et une majorité absolue au Congrès des députés (de 186 élus sur 350), les électeurs espagnols signent pour une cure d’austérité destinée à restaurer la confiance des marchés dans la crédibilité budgétaire du pays. «Aujourd’hui, plus que jamais, notre destin est en Europe» a lancé le nouveau premier ministre lors de son discours de victoire historique pour son parti. Et d’ajouter en signe fort à ses partenaires européens que «la voix espagnole a besoin de retrouver le respect de Bruxelles et de Francfort. Nous cesserons d'être une partie du problème et nous allons devenir une partie de la solution». Le président français Nicolas Sarkozy a indiqué hier soir qu’il sait pouvoir compter sur Mariano Rajoy pour endiguer cette «crise économique et financière sans précédent».
Mariano Rajoy aura fort à faire pour tenir son engagement de campagne de réduire le déficit public à 4,4% du PIB d’ici fin 2012. En effet, le premier ministre socialiste sortant, José Luis Rodriguez Zapatero, qui a subi un fort désaveu par la plus sévère défaite subie par son parti depuis 30 ans, a échoué à tenir son engagement d’une réduction du déficit à 6% du PIB cette année. Les analystes prévoient plutôt un déficit proche de 7% du PIB à la fin de l’année, ce qui contraint le nouveau gouvernement à trouver quelque 30 milliards d’euros pour atteindre son objectif. Et l’Espagne ne pourra pas compter sur la croissance. Après un PIB en hausse de 0,2% au troisième trimestre, le gouvernement a été contraint de revoir ses prévisions de croissance de 0,5 point à 0,8% en 2011. Et Mariano Rajoy de reconnaître que la prévision de croissance de 2,3% pour 2012 n’est pas réaliste.
Si Mariano Rajoy s’est montré jusqu’à présent relativement flou sur les moyens qu’il compte mettre en œuvre pour restaurer la confiance des investisseurs, il a tenu à prévenir que «des temps difficiles nous attendent». Il entend organiser une réunion avec les dix-sept provinces autonomes du pays, en grande partie responsables de l’explosion du déficit public et pointées du doigt par les agences de notation.
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