L’Espagne joue sa crédibilité sur le succès de son programme de privatisations
Entre la cession des aéroports de Madrid et Barcelone et l’IPO de la loterie nationale, Madrid espère récolter plus de 13 milliards d’euros
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Patrick Aussannaire
L’Etat espagnol accélère la cadence de son programme de privatisations. Le gouvernement a reçu six offres concernant la privatisation de l’aéroport de Madrid, dont il espère recevoir au moins 3,7 milliards d’euros. L’aéroport de Barcelone, également en vente et valorisé 1,6 milliard d’euros, a reçu un intérêt équivalent. Barajas est le quatrième aéroport d’Europe, avec 49,8 millions de passagers en 2010, et celui de Barcelone le dixième avec 29,2 millions de passagers, avant une extension qui doit porter sa capacité annuelle à 55 millions de passagers en 2012.
Parmi les candidats intéressés figure un consortium dirigé par Ferrovial, principal actionnaire de BAA qui possède les aéroports de Heathrow et Stansted. A ses côtés, d’autres groupes menés par l’indien GMR Infrastructure, le français ADP, l’allemand Fraport, et le singapourien Changi Airports International. L’espagnol Grupo San Jose est également sur les rangs pour l’acquisition de l’aéroport de Madrid et son compatriote Abertis pour celui de Barcelone. Le gouvernement espère boucler fin novembre le processus de privatisation lancé en juillet dans le cadre d’une concession de vingt ans, prolongeable de cinq.
Dans le même temps, la société de loterie nationale (Loterías y Apuestas del Estado) avance sur le chemin de son IPO, avec le lancement cette semaine de l’appel aux investisseurs internationaux dans ce qui promet d’être la plus grosse cotation jamais connue dans le pays. Malgré la chute des Bourses, le gouvernement espère lever 8 milliards d’euros d’ici à la fin du mois d’octobre grâce à cette opération. La bonne résistance des ventes du groupe, qui n’ont baissé que de 0,5% durant la crise financière, ainsi que son faible niveau d’endettement devraient, selon les analystes, en faire un titre convoité.
Ce sont au total plus de 13 milliards d’euros que l’Etat compte tirer de ces opérations, censées réduire d’environ un tiers les besoins de financement de l’Etat espagnol pour 2011, selon la ministre de l’Economie, Elena Salgado. Avec en ligne de mire l’objectif de réduction du déficit public à 3% du PIB d’ici à 2013 (contre 9,2% en 2010) qui doit permettre à Madrid de regagner la confiance des marchés. Une baisse des rendements souverains espagnols à 10 ans permettrait à la BCE de retirer son programme de rachat d’obligations, dont son président, Jean-Claude Trichet, a réaffirmé lundi le caractère temporaire.
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