L’Esma plaide pour une gestion d’actifs européenne plus compétitive
Lors des Assises européennes de la gestion, le président de l’Esma a estimé qu’il fallait baisser les prix de cette industrie.
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Solenn Poullennec
Les premières Assises européennes de la gestion organisées par l’AFG ont eu lieu jeudi 13 octobre à Paris.
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Crédit AFG.
L’industrie de la gestion d’actifs européenne doit travailler sur ses coûts pour mieux se développer, selon le président de l’autorité européenne des marchés financiers, l’Esma. «Les coûts de la gestion d’actifs européenne sont trop élevés à ce stade si on les compare à ceux d’autres parties du monde. Nous devrions essayer de la rendre plus compétitive et de réduire les coûts», a fait valoir Steven Maijoor hier à l’occasion des Assises européennes de la gestion, organisées à Paris par l’Association française de la gestion financière (AFG). Et d’expliquer qu’en Europe, environ 10% des ménages investissent via des fonds contre 40% aux Etats-Unis. Aux yeux du régulateur, travailler sur les prix et les coûts est d’autant plus important que l’industrie et les épargnants sont confrontés à un environnement de taux très bas.
Selon Steven Maijoor, la baisse des coûts pourrait passer par un travail des régulateurs pour réduire les barrières à l’entrée dans certains Etats membres. Il existe par exemple des différences dans les règles de marketing entre les pays européens qui sont onéreuses pour les professionnels. Le régulateur estime aussi que la baisse des coûts doit passer par le développement de la technologie dans la gestion et par le renforcement de la transparence vis-à-vis des investisseurs. Le régulateur en a profité pour défendre l’importance de la régulation Priips sur l’information des particuliers. «Nous gérons des produits à des prix très bas. Le problème que nous avons en Europe tourne autour des frais de distribution», a souhaité relativiser Daniel Roy, président du directoire de la Banque Postale AM.
Les participants au débat se sont cependant retrouvés sur l’importance de développer la gestion d’actifs en Europe pour servir les entreprises. «Lorsqu’on a besoin de certains fonds, on voit bien que ce sont les Anglo-saxons qui se mobilisent plus vite que les acteurs français», a expliqué Philippe Salle, PDG d’Elior, le groupe français de la restauration collective. «J’aimerais bien avoir plus d’actionnaires français», a-t-il poursuivi. L’importance de la finance et de la gestion pour les entreprises a aussi été souligné par Christophe Bavière, président de la société de capital-investissement Idinvest Partners. «Le cycle de l’innovation se raccourcit et le cycle de la croissance demande de plus en plus de financement et de plus en plus vite», a-t-il expliqué.
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