Les taux italiens paient le prix des incertitudes grandissantes en zone euro
Mario Draghi se souviendra de sa première journée passée à la tête de la Banque centrale européenne (BCE). Alors qu’il se sait attendu au tournant sur les mesures non conventionnelles de politique monétaire, le dirigeant de l’institut d'émission a vu son mandat s’ouvrir par... de nouveaux rachats de titres de dette souveraine, pour l’essentiel du papier italien.
Cette intervention visait à apporter un peu d’oxygène après l’annonce par le Premier ministre grec d’un référendum sur le plan d’aide conclu il y a moins d’une semaine à Bruxelles (lire ci-dessous). Elle n’a pour autant pas réussi à contenir l’envolée des coûts de financement. Les rendements obligataires ont décollé : celui du papier à 2 ans à touché 5,75% - un niveau historique depuis 1997 - celui du papier à dix ans s’est écarté de 21 points de base (pb) pour atteindre 6,34%, tout près de son record de 6,4%. «La BCE reste le seul rempart crédible et sera contrainte d’intervenir massivement sur la dette italienne pour éviter la contagion» estime Jacques Cailloux, chef économiste chez RBS.
Signe révélateur, le spread avec le rendement du Bund à 10 ans a atteint 454 pb. Or, les chambres de compensation retiennent généralement un différentiel de taux d’au moins 450 points pb comme un indicateur de risque souverain additionnel pouvant mener à un relèvement des appels de marge. «Si nous continuons de voir une telle progression des rendements jour après jour, alors que nous attendons désormais ce référendum, nous pourrons dire que le marché est en pleine chute», estime Steven Barrow, économiste chez Standard Bank. «L’Italie est le principal centre d’intérêt», ajoute-t-il.
Face à la décision du Premier ministre grec, le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, a évoqué «un choix inattendu qui créé de l’incertitude après le récent sommet européen et à la veille d’une réunion importante du G20 à Cannes». Le Cavaliere, qui doit faire face à des divisions au sein de la coalition de centre-droit, sait qu’il doit rassurer ses partenaires sur sa capacité à engager et à mener à bien des réformes. Il a d’ailleurs donné hier l’assurance de détailler une série de mesures lors de ce sommet cannois. Selon le quotidien la Repubblica, Silvio Berlusconi compterait sur l’aide du Premier ministre russe Vladimir Poutine. Un bruit que le chef du gouvernement a lui-même démenti.
Plus d'articles du même thème
-
Quand les profits ne suffisent plus
L’enthousiasme autour de l’IA qui tire les marchés financiers repose notamment sur une génération de profits exceptionnelle. Mais dans un contexte de tensions sur les taux d’intérêt, même l’excellence ne suffit pas toujours à empêcher un retour sur terre des valorisations. -
Le capital investissement européen est de retour
De par sa structure, le marché européen des rachats d’entreprises, en particulier dans le segment inférieur du marché intermédiaire offre des inefficiences de valorisation, des opportunités de sourcing et un potentiel opérationnel important. -
La géopolitique et la fiscalité affectent les décisions d'investissement des family offices
Selon le dernier baromètre EY-AFFO, ces deux dimensions sont en progression. Les allocations de ces acteurs restent dominées par le private equity, qui devance les actions cotées, bien que ces dernières s'affichent en hausse sur un an. -
Une économie solide, des finances publiques à la dérive : le paradoxe français
Dans cette tribune, Léo Marin, directeur des investissements chez Expansion Partners, considère que la solidité du secteur privé contraste avec l’érosion persistante des comptes publics. Dans un contexte international instable, cette dérive budgétaire expose la France à un risque croissant. -
STMicroelectronics retrouve un nouveau souffle grâce à l'IA
Depuis le début de l'année, le cours de Bourse du groupe franco-italien a presque triplé. Le groupe a misé avec succès sur des produits liés à l'infrastructure IA. -
SpaceX émet pour 25 milliards de dollars de dette
L'entreprise spatiale fondée par Elon Musk a enregistré des demandes pour près de 90 milliards de dollars lors de cette émission de dette, mardi 23 juin, moins de deux semaines après son introduction en Bourse record.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Le programme Tibi 3 vise 15 milliards d'euros d'investissements dans la tech
- La justice française rejette la restitution de retenues à la source sur dividendes pour des « pools » de fonds
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- La Caisse des dépôts investit dans un fonds monétaire Ucits tokenisé
- AllianzGI va lancer cinq ETF actifs en Europe dès l'été
Contenu de nos partenaires
-
Ebola : un premier cas détecté en France chez un médecin de retour de RDC
Un médecin humanitaire de retour de République démocratique du Congo a été testé positif au virus Ebola en France. Il a été isolé dans un établissement spécialisé, tandis que les autorités procèdent au traçage de ses contacts -
Lignes de fondUne évolution est nécessaire à la Fed plutôt qu’une révolution
Rappeler que les marchés ne sont pas un terrain de jeu sans risque n’est pas mal venu. Mais tout dépendra du rythme. Or, Kevin Warsh veut aller vite, trop vite -
« J'en prends acte » : revers d'Emmanuel Grégoire devant la convention citoyenne sur le périscolaire
Mardi soir, la convention citoyenne sur les rythmes scolaires s’est largement prononcée en faveur du retour à la semaine de 4 jours pour les enfants, tandis que l’actuel édile défend la semaine à 4,5 jours.