Les taux italiens paient le prix des incertitudes grandissantes en zone euro
Le rendement du papier à 2 ans a touché 5,75% hier, du jamais vu depuis 1997, malgré l’intervention de la Banque centrale européenne
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Antoine Duroyon
Mario Draghi se souviendra de sa première journée passée à la tête de la Banque centrale européenne (BCE). Alors qu’il se sait attendu au tournant sur les mesures non conventionnelles de politique monétaire, le dirigeant de l’institut d'émission a vu son mandat s’ouvrir par... de nouveaux rachats de titres de dette souveraine, pour l’essentiel du papier italien.
Cette intervention visait à apporter un peu d’oxygène après l’annonce par le Premier ministre grec d’un référendum sur le plan d’aide conclu il y a moins d’une semaine à Bruxelles (lire ci-dessous). Elle n’a pour autant pas réussi à contenir l’envolée des coûts de financement. Les rendements obligataires ont décollé : celui du papier à 2 ans à touché 5,75% - un niveau historique depuis 1997 - celui du papier à dix ans s’est écarté de 21 points de base (pb) pour atteindre 6,34%, tout près de son record de 6,4%. «La BCE reste le seul rempart crédible et sera contrainte d’intervenir massivement sur la dette italienne pour éviter la contagion» estime Jacques Cailloux, chef économiste chez RBS.
Signe révélateur, le spread avec le rendement du Bund à 10 ans a atteint 454 pb. Or, les chambres de compensation retiennent généralement un différentiel de taux d’au moins 450 points pb comme un indicateur de risque souverain additionnel pouvant mener à un relèvement des appels de marge. «Si nous continuons de voir une telle progression des rendements jour après jour, alors que nous attendons désormais ce référendum, nous pourrons dire que le marché est en pleine chute», estime Steven Barrow, économiste chez Standard Bank. «L’Italie est le principal centre d’intérêt», ajoute-t-il.
Face à la décision du Premier ministre grec, le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, a évoqué «un choix inattendu qui créé de l’incertitude après le récent sommet européen et à la veille d’une réunion importante du G20 à Cannes». Le Cavaliere, qui doit faire face à des divisions au sein de la coalition de centre-droit, sait qu’il doit rassurer ses partenaires sur sa capacité à engager et à mener à bien des réformes. Il a d’ailleurs donné hier l’assurance de détailler une série de mesures lors de ce sommet cannois. Selon le quotidien la Repubblica, Silvio Berlusconi compterait sur l’aide du Premier ministre russe Vladimir Poutine. Un bruit que le chef du gouvernement a lui-même démenti.
Kevin Warsh semble prendre un peu plus de distance avec le président Donald Trump à chaque sortie. Les marchés se montrent globalement convaincus, même si la baisse de l’inflation plus forte qu’attendue en juin a fait diminuer le risque d’avoir deux hausses de taux cette année.
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