Les rendements italiens se tendent encore sur fond d’incertitude politique
Les achats en hausse de la BCE n’ont pas réussi à calmer le stress sur la dette souveraine italienne
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Violaine Le Gall
Les taux longs italiens ont atteint hier de nouveaux sommets. Le rendement à dix ans a bondi en séance de 30 points de base (pb) à 6,6% et le spread entre les obligations d’Etat italiennes et allemandes est ressorti à un nouveau record, à 465 pb. L’incertitude sur l’avenir politique de l’Italie a alimenté ces tensions. Hier, des rumeurs ont évoqué une démission du Premier ministre Silvio Berlusconi. Ce dernier a finalement démenti. Mais il doit faire face aujourd’hui à un vote décisif au parlement, qui pourrait le contraindre au départ. L’assemblée doit se prononcer sur le rapport général sur le budget pour 2010, ce vote permettant de faire le point sur le soutien des députés au premier ministre.
En une semaine, le rendement du BTP à dix ans a grimpé de plus de 60 pb malgré l’intervention de la Banque centrale européenne, pourtant plus musclée que les semaines précédentes. Elle a acquis sur le marché pour 9,52 milliards d’euros d’obligations souveraines contre 4 milliards sur les sept jours précédents.
Le taux à dix ans italien se situe à présent à un niveau bien supérieur à celui qui avait déclenché la reprise des achats de dettes souveraines par la BCE le 8 août dernier. Le prochain appel au marché du Trésor italien, prévu le 14 novembre prochain, s’annonce donc particulièrement coûteux. Le niveau de la demande devra surtout être surveillé de près, après que certaines banques, comme BNP Paribas, ont annoncé des cessions massives de dettes d’Etat italiennes. «Le grave problème pour l’Italie est de savoir si ses importants besoins de financement (18 milliards d’euros par mois) peuvent continuer à être satisfaits», souligne Luca Jellinek, responsable de la stratégie taux chez CA CIB.
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