Les rendements italiens se tendent encore sur fond d’incertitude politique
Les taux longs italiens ont atteint hier de nouveaux sommets. Le rendement à dix ans a bondi en séance de 30 points de base (pb) à 6,6% et le spread entre les obligations d’Etat italiennes et allemandes est ressorti à un nouveau record, à 465 pb. L’incertitude sur l’avenir politique de l’Italie a alimenté ces tensions. Hier, des rumeurs ont évoqué une démission du Premier ministre Silvio Berlusconi. Ce dernier a finalement démenti. Mais il doit faire face aujourd’hui à un vote décisif au parlement, qui pourrait le contraindre au départ. L’assemblée doit se prononcer sur le rapport général sur le budget pour 2010, ce vote permettant de faire le point sur le soutien des députés au premier ministre.
En une semaine, le rendement du BTP à dix ans a grimpé de plus de 60 pb malgré l’intervention de la Banque centrale européenne, pourtant plus musclée que les semaines précédentes. Elle a acquis sur le marché pour 9,52 milliards d’euros d’obligations souveraines contre 4 milliards sur les sept jours précédents.
Le taux à dix ans italien se situe à présent à un niveau bien supérieur à celui qui avait déclenché la reprise des achats de dettes souveraines par la BCE le 8 août dernier. Le prochain appel au marché du Trésor italien, prévu le 14 novembre prochain, s’annonce donc particulièrement coûteux. Le niveau de la demande devra surtout être surveillé de près, après que certaines banques, comme BNP Paribas, ont annoncé des cessions massives de dettes d’Etat italiennes. «Le grave problème pour l’Italie est de savoir si ses importants besoins de financement (18 milliards d’euros par mois) peuvent continuer à être satisfaits», souligne Luca Jellinek, responsable de la stratégie taux chez CA CIB.
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Le dirigeant chinois lui a aussi promis l’achat de 200 «gros» Boeing, a-t-il dit. C’est considérable, mais moindre que la commande de 500 avions monocouloirs 737 MAX et d’une centaine de gros porteurs (787 Dreamliner et 777) évoquée par la presse depuis des mois. La Chine est un partenaire stratégique et économique primordial pour l’Iran qui lui destine la grande majorité de ses exportations de pétrole. Elle est directement touchée par la quasi-fermeture, sous l’effet des blocus iranien et américain, du détroit d’Ormuz par lequel transite une grande part de ses acquisitions d’hydrocarbures, d’Iran mais aussi d’autres pays du Golfe. L’Iran a annoncé jeudi, en plein sommet pékinois, que ses forces avaient autorisé le passage de plusieurs navires chinois. Washington voudrait voir Pékin user de son influence sur Téhéran pour contribuer à une sortie de crise dans le Golfe. Tout en s’employant diplomatiquement, Pékin a observé jusqu'à présent une grande retenue. «Nation en déclin» C’est l’un des sujets de crispation que le sommet est destiné à atténuer, sinon à dissiper. Ils abondent: Iran donc, Taïwan, relations commerciales, restrictions d’accès aux terres rares et aux semi-conducteurs, intelligence artificielle et propriété intellectuelle... Ils se sont manifestés ouvertement jeudi avec une mise en garde vigoureuse du président chinois quant au risque de «conflit» entre Chine et Etats-Unis au sujet de Taïwan. Les propos de M. Xi ont dominé le premier jour de la visite. La compétition - stratégique, commerciale, technologique - est extensive et la Chine semble miser sur un déclin des Etats-Unis, subtilement évoqué par Xi Jinping lui-même lorsqu’il a cité l’historien de l’Antiquité grecque Thucydide, théoricien du risque de guerre lorsqu’une puissance émergente entre en rivalité avec une puissance dominante. M. Trump a répondu jeudi soir dans un message sur sa plateforme Truth Social. «Le président Xi a fait très élégamment référence aux Etats-Unis comme étant peut-être une nation en déclin», a-t-il dit. Mais selon lui, l’homme fort de Pékin avait à l’esprit les Etats-Unis de son prédécesseur Joe Biden, pas l’Amérique actuelle. «Il y a deux ans, nous étions effectivement une nation en déclin. Aujourd’hui, les Etats-Unis sont le pays le plus génial de la planète», a-t-il dit. «Stabilité constructive» Depuis le retour de M. Trump à la Maison Blanche, Chine et Etats-Unis se sont livré une âpre guerre commerciale aux répercussions planétaires, à coups de droits de douane exorbitants et de restrictions multiples. MM. Trump et Xi ont conclu une trêve en octobre et, depuis, la Cour suprême américaine a mis à bas les droits de douane généralisés de l’administration Trump. Mais le cessez-le-feu commercial reste exposé à l’instauration de nouvelles surtaxes américaines envisagées par le républicain. Actuellement, l'économie mondiale et la Chine ressentent les effets de la guerre menée par M. Trump avec Israël contre l’Iran. M. Xi a réaffirmé jeudi le vœu chinois de certitude et de prévisibilité dans un monde en proie aux turbulences. Lui et M. Trump se sont entendus pour désigner désormais les rapports sino-américains comme une «relation de stabilité stratégique constructive», selon la diplomatie chinoise. Le président chinois a promis d’ouvrir «toujours plus grand» la Chine aux entreprises étrangères. Avec l’excédent commercial chinois, les pratiques déloyales ou les violations de propriété intellectuelle imputées à la Chine, les obstacles à l’accès au marché chinois sont l’un des grands griefs des Etats-Unis, comme d’autres pays développés, à l’encontre de Pékin. M. Trump a emmené avec lui une importante délégation de grands patrons. 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