Les rachats de titrisations européennes se multiplient
Les rachats de titrisations se sont multipliés ces dernières semaines. En décembre dernier, Bank of Ireland avait proposé de racheter 1,2 milliard d’euros de titres adossés à des prêts hypothécaires résidentiels (RMBS). L’opération avait alors semblé assez inédite, mais depuis les banques BPI, Caixa Catalunya, Banco Pastor et Lloyds ont suivi ce mouvement.
Pour les analystes, toutes ces transactions ne cachent pas les mêmes motivations. Dans le cas des établissements financiers espagnols, la stratégie semble claire: il s’agit de gagner la différence entre le prix de marché et la valeur comptable des titres. Un écart d’autant plus intéressant que les prix sur certaines titrisations sont bas en ce moment.
Toutes les banques ne peuvent pas se lancer dans ce genre d’opérations pour autant. «Il est nécessaire que les SPV (véhicules de titrisations) soient consolidés au sein du bilan de la banque, faute de quoi les titres seraient valorisés à leur valeur de marché, ne permettant donc pas de création de plus-value», écrit Henri de Mont-Serrat chez Natixis. L’analyste nuance dès lors l’intérêt de ces rachats. «Les prêts hypothécaires étant comptabilisés à l’actif du bilan, ils représentent un coût en termes d’actifs pondérés en fonction de leurs risques et pénalisent ainsi les ratios de capital tier one». Et d’ajouter que l’opération intervient à l’heure où le gouvernement espagnol a demandé aux banques de passer d’importantes provisions sur leurs actifs immobiliers.
Reste que ces opérations pourraient aussi permettre de récupérer du collatéral en vue de la seconde opération de refinancement à trois ans (LTRO) de la Banque centrale européenne, prévue fin février. Pour les analystes de RBS, «racheter des titrisations pour se refinancer à l’occasion de la LTRO n’est intéressant que si cela se fait avec des baisses de prix appropriées». Et de conclure que les rachats devraient surtout concerner des CLO de petites et moyennes entreprises et des RMBS de pays périphériques.
Certains cas de figure retiennent enfin l’attention. Lloyds a proposé de racheter les tranches AAA des RMBS de Candide 2005 et 2006. Mais le rachat se fait au pair et non à prix réduit, excluant toute plus-value. Et certains doutent qu’il soit utile en vue de la LTRO. «Les titres émis avant la crise et rachetés au pair devraient subir des décotes importantes», notent les analystes de Barclays Capital.
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