Les mots de la FED ont de moins en moins de poids sur les marchés
Dans une récente étude, la Reserve Fédérale de San Francisco analyse l’affaiblissement de la communication de la FED face aux anticipations des marchés.
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Benoît de la Morinière
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Bloomberg
Les mots de la FED perdent de leur influence sur les marchés. C’est l’analyse de la FRBSF (Reserve Fédérale de San Francisco) dans son rapport du mois de juillet.
Depuis la fin de la crise financière de 2008, la Fed a su maintenir l’efficacité de ses politiques au moyen d’outils monétaires non conventionnels reposant sur des effets d’annonce, soulignent les auteurs du rapport. Le maintien constant des taux directeurs à des valeurs proches de 0 a en effet rendu inefficaces les outils classiques qui s’appuyaient d’ordinaire sur les variations de ces taux. Aussi, le guidage des anticipations (Forward guidance) et les communiqués de presse sont venus pallier les limites des outils traditionnels.
Toutefois, la poursuite des politiques monétaires expansives rend ces outils de moins en moins efficaces. Principalement sur les maturités les plus courtes qui réagissent de moins en moins à ces mêmes déclarations. Depuis 2008 l’effet de ces annonces a diminué de moitié pour les bons à 2 ans et jusqu’à 10 fois moins pour les maturités de 3 mois.
En revanche, le rapport souligne que pour les bons à maturité longue (au-delà de 5 ans), les déclarations de la FED gardent une influence majeure.
La FED perd ainsi partiellement de son influence sur les marchés. Ses analyses comme ses anticipations sont moins crédibles selon les investisseurs et les particuliers. Un problème qu’il lui faudra résoudre à la veille d’une élection décisive alors que moins de la moitié de la population américaine affirme croire en la capacité de la FED à remplir ses objectifs d’inflation et d’emploi.
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