Les investisseurs ont négligé le redressement de l’économie japonaise
Le climat des affaires au Japon a rarement autant divergé de l’évolution des marchés d’actions
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Nuno Teixeira, Schroders
Alors que l’attention des observateurs reste rivée sur les Etats-Unis et l’Europe, le redressement de l’économie japonaise a été largement occulté. Contrairement à ces deux grands blocs, le Japon s’est pourtant installé depuis deux ans sur un rythme de reprise économique nettement supérieur à sa tendance estimée à long terme.
Certes, l’économie japonaise a affronté cette année des vents contraires: le tremblement de terre et l’accident nucléaire de Fukushima qui s’en est suivi ont handicapé la production industrielle en 2011, sans compter que les entreprises les plus exportatrices doivent désormais faire face aux niveaux recordS du yen. La hausse du PIB devrait donc être proche de zéro cette année, mais il ne faut pas oublier que ce chiffre fait suite à une progression de 4% en 2010 et que le consensus - comme Schroders - s’attend à retour à un rythme de croissance de près de 3% en 2012. Plus que par la demande extérieure, cette évolution sera tirée par les dépenses de reconstruction, mais aussi par la reprise de l’emploi et la demande des entreprises. Ces dernières devraient à la fois reconstituer leurs stocks et accélérer leurs investissements (inférieurs aux amortissements depuis la crise financière).
On observe donc un décalage de plus en plus marqué entre l’évolution de l’indice ESRI du climat des affaires au Japon - qui a dépassé fin juillet son plus haut de mai 2006 à 106 contre 104,5 - et la performance des marchés d’actions. Il est vrai que les entreprises nippones sont positionnées de longue date pour un contexte de déflation: une amélioration, même marginale, de leurs carnets de commandes et de leur chiffre d’affaires a donc un impact opérationnel élevé et offre un levier d’amélioration de leurs résultats considérable. Un potentiel que les investisseurs devraient finir par regarder de plus près.
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