Les hedge funds contraints à un recadrage face à la crise
Tandis que Blackstone va «rationaliser» ses activités, Cerberus a décidé de suspendre les remboursements sur l’un de ses fonds
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Olivier Decarre
Impact de la crise financière, critiques sur leur manque de discernement dans l’affaire Madoff… Les hedge funds connaissent une fin d’année difficile. Alors que le secteur dans son ensemble affichait fin novembre une baisse moyenne de 18% sur l’année, plusieurs structures sont en tout cas contraintes de prendre des mesures de recadrage.
Ainsi Cerberus a décidé, d’après un document repris par des agences de presse, de geler les retraits de son fonds Cerberus Partners, lequel a perdu 12% sur octobre et novembre d’après la lettre envoyée aux clients.
Ces derniers auraient fait part de demandes de retraits portant sur 16,5% de leurs encours. Aussi le groupe a-t-il prévenu qu’il ne paierait que 20% des demandes et que le reste serait bloqué (a priori pour un an). Pris en tenaille entre des performances négatives et les demandes de retraits des souscripteurs, les fonds sont d’ailleurs nombreux à avoir dû imposer des restrictions à leurs clients afin d’éviter de liquider des actifs au rabais. Parmi ces fonds se retrouvent Magnetar Capital, Shaw & Co ou encore Farallon Capital Management.
Face aux «turbulences actuelles sur le marché», Blackstone a également été amené à réagir. Le groupe a annoncé la semaine dernière dans un communiqué qu’il allait «rationaliser» ses activités de hedge funds. Dans ce cadre, le groupe va liquider son fonds Distressed Securities (1,2 milliard de dollars), consacré à la dette en souffrance, et proposera à ses investisseurs de transférer leur capital «à des conditions préférentielles» à sa filiale GSO Capital Partners. Acquise en début d’année pour 930 millions de dollars afin d’accroître la présence de Blackstone sur les actifs en souffrance, GSO gère quelque vingt milliards de dollars d’actifs.
Parallèlement, le fonds qui a en charge les stratégie d’arbitrage «long-short» sur actions va être sorti du périmètre du groupe, Blackstone estimant que «sa taille n’en fait pas une activité stratégique». Dénommé Blackstone Kailix Advisors, ce fonds sera repris en main par son management (emmené par Manish Mittal), qui a l’intention de créer une nouvelle structure indépendante. Blackstone précise toutefois concernant ce fonds qu’il n’a «pas imposé de blocage sur les retraits ou de restrictions de liquidité aux investisseurs».
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