Les grandes économies sont exposées inégalement à la crise en zone euro
Compte tenu de la crise de la dette souveraine, beaucoup d’économistes ont amputé leurs prévisions de croissance du PIB pour la zone euro en 2012 ces dernières semaines. Le consensus tend ainsi vers zéro (actuellement à +0,5%) avant de basculer peut-être en territoire négatif. Certains experts, à l’image de Schroders, ont d’ailleurs des prévisions sensiblement plus négatives, avec dans notre cas une anticipation de recul du PIB de la zone euro de -1,8%.
Ces anticipations sont bien sûr importantes pour la zone euro, mais aussi pour le reste du monde. L’impact sur les autres régions est lié à deux canaux de transmission principaux: le commerce extérieur et les liens entre les systèmes bancaires et financiers. Le graphique ci-joint rapporte la part des exportations vers la zone euro dans le total des
exportations de chaque pays et leur part dans le PIB du pays. On constate que ce sont notamment les pays d’Europe de l’Est, le Royaume-Uni et l’Asie qui seraient les plus affectés par une baisse des importations des pays de la zone euro. A l’inverse, pour les Etats-Unis, le Japon, l’Australie ou le Canada, la part de leur commerce extérieur avec la zone euro est relativement faible, ce qui devrait les protéger davantage.
Pour autant, s’il convient d’observer une exposition relativement faible des Etats-Unis au niveau de leur commerce extérieur, il ne faut pas pour autant minimiser l’importance de leurs liens financiers. En outre, l’impact de la crise européenne peut être important sur la confiance des chefs d’entreprise: l’investissement semble en effet disposer d’un potentiel d’accélération en 2012, mais si l’inquiétude gagne les dirigeants, une pause ou un ralentissement sont tout à fait envisageables et pourraient bien pénaliser la croissance.
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