Les fonds d’arbitrage jouent les trouble-fête dans les discussions sur la dette grecque
La tension monte alors que l’IIF, le lobby des banques, évoque des points clés non résolus et que des hedge funds font planer une menace
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Antoine Duroyon
Les négociations autour du PSI (private sector involvement) patinent à Athènes. Le projet de contribution du secteur privé à la restructuration de la dette grecque, qui prévoyait en octobre une réduction de 50% de la valeur nominale des emprunts d’Etat détenus par les créanciers privés, tarde à se concrétiser. «Une série de questions ont été discutées et certains points clés n’ont pas été résolus. Les discussions avec Athènes vont continuer vendredi (aujourd’hui), mais il reste peu de temps pour trouver un accord», s’est inquiété hier l’Institute of International Finance (IIF), le lobby bancaire.
Côté grec, on s’alarme d’un éventuel échec du PSI. «Si le pourcentage de participation n’est pas, par exemple, de 100%, alors la Grèce pourrait avoir besoin d’un soutien additionnel de la part de nos partenaires», a déclaré hier Filippos Sachinidis, le vice-ministre grec des Finances. Selon plusieurs sources citées par les agences Reuters et Bloomberg, le dossier est explosif en raison des positions bâties par certains fonds d’arbitrage. York Capital (en partie détenu par Credit Suisse), Och Ziff et Marathon Asset Management feraient ainsi partie d’un groupe pouvant faire dérailler un accord. Jusqu'à 25% des créanciers privés, lesquels détiennent en totalité 206 milliards d’euros de dette grecque, n’ont pas été identifiés.
Concrètement, les fonds espèrent pouvoir se désengager de l’accord et obtenir un remboursement en totalité. Mais la stratégie paraît risquée. «La Grèce pourrait introduire, de façon rétroactive, des clauses d’action collective (CAC) sur l’ensemble des obligations en circulation, et contraindre ainsi les hedge funds, qui traînent les pieds dans l’espoir de réaliser des bénéfices rondelets, d’accepter le nouvel accord», a indiqué une source européenne à Reuters.
Un mécanisme qui cadre toutefois mal avec le caractère «volontaire» du PSI. Les fonds, s’ils ont cette possibilité, pourraient d’ailleurs, en se tenant à l'écart, bénéficier du déclenchement des Credit Default Swaps (CDS) si l’opération était assimilée à un défaut. En tout état de cause, les différentes parties ne disposent que d’un temps limité : une tombée obligataire de 14,5 milliards d’euros est attendue le 20 mars.
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