Les financiers d’entreprise américains mettent en cause les conditions d’accès au crédit
L’enquête de l’association professionnelle AFP relativise l’impact des mesures publiques et expose un relèvement du coût du crédit
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Benoît Menou
Pour les directeurs financiers et trésoriers d’outre-Atlantique, pas de doute : les conditions d’accès au crédit ne vont pas s’améliorer avant la mi-2009, empêchant tout réel retour à meilleure fortune de la croissance économique avant la fin de l’année prochaine.
L’Association for financial professionnals (AFP) a recueilli entre les 1er et 12 décembre le sentiment de plus de 800 responsables financiers quant à leurs conditions d’activité. Ils sont 55% à envisager une détérioration de ces dernières, 16% seulement pariant sur une amélioration (29% n’entrevoyant pas d’évolution).
60% d’entre eux misent en conséquence sur un repli du PIB américain en 2009, un tiers sur une baisse inférieure à 1,0%. 75% des membres de l’AFP lient directement l’amélioration du marché du crédit à l'évolution positive de la croissance. Ils étaient 44% il y a un an à l’occasion de la précédente enquête. 16% seulement envisagent dès lors une hausse de leur effectif aux Etats-Unis en 2009.
Selon le président de l’AFP, Jim Kaitz, «les marchés de crédit en souffrance continuent d’affecter la capacité des entreprises à se développer et retardent le retour de la croissance économique». Un environnement qui contraint les sociétés à des «choix difficiles» en termes d’emprunt et d’investissement.
L’horizon ne semble pas encore dégagé. Seuls 7% des membres de l’association professionnelle estiment que «le pire est passé» sur la crise du crédit. Alors que 30% veulent croire à une amélioration au premier trimestre 2009, ils sont une nette majorité (63%) à ne rien attendre avant le milieu d’année prochaine.
Pour l’heure, le cap est incertain. Les personnes interrogées restent très partagées sur l’évolution récente du marché, minimisant l’impact des mesures prises par le Trésor ou la Fed. Ils reconnaissent toutefois à 63% que l’action des pouvoirs publics a «atténué» le marasme des marchés financiers. Une majorité (56%) ne constate aucun changement dans les conditions d’accès au crédit depuis le 1er octobre, 8% seulement une amélioration. Depuis cette même date et compte tenu de sa rareté, le crédit semble en revanche devenir toujours plus onéreux, selon 52% des sondés (33% jugeant le coût du crédit stable).
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