Les émissions de dette en France ont progressé cette année
Malgré un marché chahuté, les utilities et les groupes liés à l'énergie ont été très actifs. Les opérations de prêts syndiqués sont en chute libre
Publié le
Violaine Le Gall
Le marché primaire français de la dette est resté globalement dynamique cette année, comme en témoignent les données préliminaires de Dealogic. Les émissions ont progressé de 5% à 165 milliards d’euros. Pourtant, le début d’année avait été difficile. Puis la faillite de Lehman Brothers en septembre a bloqué le marché pendant plus d’un mois. Le marché primaire recule toutefois de 19% en nombre d’opérations. En Europe, les émissions de sociétés notées dans la catégorie investment grade ont augmenté de 4% à 972 milliards de dollars d’après Dealogic.
La défiance des investisseurs pour le crédit a conduit ces derniers à plus de sélectivité dans les titres. Ils se sont donc intéressés aux émetteurs évoluant dans des secteurs d’activité stables et prévisibles. Les utilities et les groupes présents dans l’énergie ont profité de cet appétit. Ils ont initié près d’un tiers des émissions non financières en France en 2008. EDF, GDF Suez et Total font partie des cinq émetteurs les plus actifs (voir tableau ci-contre). BNP Paribas est le premier arrangeur en 2008, suivi de SG CIB, leader l’an dernier, Natixis, Calyon et HSBC.
Le marché des prêts syndiqués a bien plus fortement souffert de la crise financière. Les émissions ont fondu de moitié en valeur, à 88 milliards d’euros. L’envolée des coûts de financement a pu dissuader des groupes d’utiliser ce type de structures. Par ailleurs, les banques rechignent davantage à assumer le risque de syndication. Les deux premières opérations, d’EDF et de Pernod Ricard, comptent pour près de 30% des émissions. En 2008, Calyon passe devant BNP Paribas sur ce segment d’activité. Ils sont suivis de SG CIB, RBS et Natixis.
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