Les émetteurs sont appelés à mieux communiquer sur leurs risques

Le renforcement des responsabilités du conseil d’administration devrait insuffler une nouvelle dynamique aux prochains rapports, selon Aon
Bruno de Roulhac

La cinquième édition du bilan sur la gestion des risques et le contrôle interne des sociétés cotées, réalisé par Aon en partenariat avec Nyse Euronext, marque une étape charnière. «Les entreprises disposent désormais de plus en plus de processus aboutis de gestion des risques et de contrôle interne, mais leur communication sur les risques, certes mature, ne progresse plus et n'éclaire pas réellement un marché actuellement en demande sur l’évolution et la maîtrise de leurs risques majeurs», explique Gilles Proust, directeur d’Aon Global Risk Consulting.

Dans les prochains rapports, «l’enjeu sera d’éviter l’écueil d’une communication trop réglementaire, stable et figée, qui vide finalement l’exercice de sa substance. Mais on peut s’attendre à une communication renouvelée, ajoute Gilles Proust. D’autant que la 8e directive, en demandant au conseil d’administration, particulièrement au comité d’audit, de juger l’efficacité de la gestion des risques, va insuffler une nouvelle dynamique, plus stratégique, à l’exercice». Les administrateurs devraient ainsi exiger plus d’échanges d’informations avec le management, notamment en termes de contenu et d’indicateurs. Parallèlement, les agences de notation ont manifesté leur volonté d’intégrer la gestion des risques dans leur analyse sur les émetteurs, en commençant par les institutions financières.

«Jusqu’ici, les grandes sociétés de l’énergie et des utilities communiquaient le mieux sur leurs risques, poursuit Gilles Proust. Les financières devraient passer d’une description des risques financiers et opérationnels extrêmement détaillée et segmentée – mais finalement pas toujours lisible – à une présentation transverse et stratégique des risques majeurs prioritaires et pilotés au niveau de la direction générale.»

Plus globalement, cette étude plaide pour une poursuite de l’élargissement du périmètre des risques couverts, pour un renforcement de l’interactivité entre opérationnels et instances de gouvernance et pour une amélioration des connexions entre dispositifs de gestion des risques et de contrôle interne. Le processus de gestion des risques doit être véritablement intégré dans la réflexion stratégique des entreprises, pour permettre un pilotage optimal du couple risque/rendement.

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