Les efforts pour une relance du marché de la titrisation se multiplient
Les spreads se sont resserrés la semaine passée sur fond de nouvelles mesures américaines et d’initiatives européennes
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Tân Le Quang
Le marché européen de la titrisation continue de profiter de l’effervescence autour des initiatives des Etats et des autorités. Même si le plan de sauvetage outre-Altantique nécessite de nombreux éclaircissements, les spreads des titrisations se sont resserrés la semaine passée et la demande a refait surface. Pourtant, il y a du bon comme du moins bon dans les mesures américaines. Selon Barclays Capital, le dispositif de liquidité des actifs en difficulté (TALF), quintuplé à 1.000 milliards de dollars et qui couvre les titres adossés à des prêts hypothécaires commerciaux (CMBS), est positif pour les actifs en risque de refinancement sur les prêts sous-jacents. D’ailleurs, la banque évalue ce risque, pour les prêts immobiliers commerciaux, à 250 milliards de dollars par an sur les trois prochaines années.
Toutefois, le calendrier de ce dispositif n’est pas connu et la couverture des titres adossés à des prêts hypothécaires résidentiels (RMBS) reste à confirmer. Quant au fonds d’investissement Public-Privé (PPIF) de 500 milliards de dollars pouvant aller jusqu'à 1.000 milliards, BarCap le compare à des actifs en difficulté estimés entre 1.900 et 2.800 milliards de dollars.
Si aucun plan de cette envergure n’a été annoncé en Europe, le commissaire européen chargé du Marché intérieur, Charlie McCreevy, lors d’une conférence, est monté au créneau sur les difficultés d’une relance du secteur. Il a fait savoir qu’il avait intégré au projet de directive révisée sur les fonds propres des mesures plus dures à l'égard des titrisations, comme l’exigence d’une due diligence indépendante sur les transactions, l’analyse de sensibilité des cash-flows et le traitement des conflits d’intérêts. Le commissaire a aussi estimé que les produits complexes et opaques, comme les titrisations de titrisations (CDO de CDO), n’avaient pas leur place sur les marchés et que les engagements des acteurs sell-side et buy-side en matière de réglementation restaient déséquilibrés.
Le message est clair: la réouverture du marché nécessite des changements de réglementation. Et le jeu en vaut la chandelle. Selon UniCredit, les titrisations ont refinancé en 2008 en zone euro 24% des prêts immobiliers et 28% des prêts à la consommation. «Les Etats peuvent aborder plus facilement le sujet de la titrisation lors du prochain G20 du mois d’avril», note la banque.
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