Les devises des pays émergents sont les victimes collatérales de la crise
La banque centrale du Brésil a été obligée d’intervenir hier pour stopper la chute du real, alors que les devises asiatiques dévissent
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Patrick Aussannaire
La crise touche aussi les pays émergents. Les devises notamment subissent des déconvenues importantes depuis la montée des inquiétudes liées à une rechute de l’économie mondiale en récession. Au Brésil, la banque centrale a été obligée d’intervenir hier sur le marché des changes pour enrayer la chute vertigineuse du real qui a subi sa plus sévère correction depuis 2009. Après une chute de 5%, la banque centrale brésilienne a dû céder 2,75 milliards de dollars de swaps de change, permettant au real de limiter ses pertes à 2% à la clôture, à 1,8946 contre dollar. Après un plus haut de 1,52 en juillet, soit une hausse de 8% depuis le début de l’année, le real a cédé quelque 15% depuis le début du mois de septembre.
Dans le même temps, au Pérou, le sol a chuté de plus de 1% à 2,7910, soit un plus bas de trois mois forçant la banque centrale du pays à céder pour 216 millions de dollars de certificats de dépôts réajustables. Au Mexique, le peso s’est affaibli de 2,83% à 14,0701 contre dollar, cassant la barre des 14 pour la première fois depuis avril 2009. Le peso chilien a également dévissé de 3,91% à 520,80 contre dollar, son plus bas niveau depuis juillet 2010.
Le dollar australien n’a pas non plus échappé à la débâcle sur les changes, chutant de 3% à 97,42 après avoir touché un plus bas depuis décembre dernier à 96,92 en séance. De même pour le dollar néo-zélandais qui a accusé sa quatrième séance de baisse consécutive, de 2,6% à 78,05 contre dollar.
Côté Asie, la tendance est identique. Le won coréen a plongé de 6,8% en une semaine à 1.193,15 pour un dollar, la roupie indienne de 4,7% à 49,605, le dollar de Taiwan de 3,5% à 30,645, la plus forte chute depuis janvier 1998, et le ringgit malaisien de 3,1% à 3,1775. Le ministre des finances sud-coréen, Bahk Jae, a indiqué hier que s’il «y avait des mouvements excessifs sur le taux de change, le gouvernement serait prêt à intervenir pour calmer la tendance».
Le directeur de la banque centrale de Chine, Zhou Xiaochuan, a indiqué que «dans la période de crise actuelle, la demande intérieure de chaque économie est importante, et nous devons trouver le moyen d’accroître la demande intérieure de notre économie». Dans l’aspiration des marchés occidentaux, les places asiatiques ont nettement corrigé vendredi. L’indice Hang Seng de la Bourse de Hong Kong cédait 1,60% en séance, la Bourse de Séoul 3,79% et celle de Taipeh de 2,80%.
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