Les changements structurels issus de la crise affecteront les valorisations
Christian Parisot, directeur des recherches chez Aurel
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Bruno de Roulhac
L’Agefi: L’année 2009 n’a pas connu un «effet janvier», les principaux indices boursiers ont fortement baissé. Les investisseurs ont-ils intégré toutes les mauvaises nouvelles?
Christian Parisot: Au regard des «normes de valorisation» historiques, les marchés anticipent une révision à la baisse de 40% du consensus sur les BNPA. Dans ces conditions, soit les profits des entreprises sont effectivement inférieurs de 40% aux attentes du consensus; les marchés ne devraient alors pas réagir aux prochaines publications et évoluer dans un couloir étroit avec de faibles volumes. Soit leur recul est moins important et les marchés actions devraient rebondir. Autre possibilité, nous avons changé de monde et les normes historiques de valorisation n’ont plus de sens. Les objectifs de valorisation doivent alors être révisés à la baisse, les investisseurs réduisant leurs attentes de RoE à moyen terme. Le PER doit être durablement plus bas.
Les Bourses européennes pourraient-elles retomber sur de nouveaux plus bas ces prochaines semaines?
Non. Certes, le fonctionnement des économies sera affecté à long terme par l’évolution inévitable de la structure du système financier. Le partage de la valeur ajoutée devrait évoluer. Les «normes de valorisation» vont changer. Mais, à court terme, nous anticipons un redressement des économies: les plans de relance et d’assainissement du système bancaire éloignent les scénarios les plus négatifs. La reprise attendue de l’activité engendrera une révision à la hausse des anticipations de BNPA. Nous ne croyons pas au scénario de dépression. Mais il est clair que des changements structurels profonds sortiront de la crise et qu’ils affecteront la valorisation des marchés à moyen terme.
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