Les banques misent sur un accord avec la Grèce dans quelques semaines
Acceptant une décote faciale de 50 % sur la dette grecque, les créanciers privés ont entamé les négociations avec Athènes
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Lothar Gries, à Francfort
Selon Charles Dallara, le directeur de l’Institut International de la Finance (IIF), de passage hier à Francfort, les négociations avec la Grèce sur une décote des titres souverains détenus par des créanciers privés devraient permettre «dans quelques semaines» de trouver un compromis acceptable pour tous. L’objectif est de trouver un accord avant la fin de l’année afin de démarrer l'échange des titres dès le début de l’année prochaine.
A cette fin l’IIF qui regroupe des banques, des assurances et des fonds d’investissement a mis en place un comité restreint composé de 45 membres, chargés de mener les négociations avec Athènes. Le comité représente 70 à 80% des créanciers privés. Il ne remettra pas en cause l’accord trouvé en octobre dernier sur une décote de 50% de la dette grecque. «Il est trop tôt pour dire si nous allons obtenir les 100 milliards d’euros souhaités par le politique, mais je pense que 90% de nos membres accepteront la formule que nous allons leur proposer» a dit le patron du lobby financier, qui s’exprimait dans les locaux de Deutsche Bank.
Mais dans tous les cas de figure, la décote de la dette grecque doit rester un cas isolé. «Je ne crois pas du tout que l’Italie ait un jour besoin d’une action similaire, le traitement prescrit à la Grèce demeurera une exception en Europe», a affirmé le directeur de l’IIF. Il a toutefois refusé de révéler des détails sur la ou les formules actuellement en discussion avec Athènes. Charles Dallara s’est rendu mercredi à Athènes pour un premier entretien avec le nouveau Premier ministre Lucas Papadémos et son ministre des Finances, Evangélos Vénizélos.
Selon le quotidien grec Kathimérini, l’IIF aurait présenté deux propositions, l’une destinée aux créanciers internationaux et l’autre aux banques grecques. La première proposerait une décote de 50% sur 141 milliards d’euros et prévoirait l’attribution de nouveaux titres à échéance de 22 ans, à un taux d’intérêt de 7% ou un coupon compris entre 5,5 et 7,5%. Les créanciers recevraient en outre des garanties à hauteur de 29,75 milliards d’euros venant du FESF, le Fonds européen de stabilité. La deuxième prévoit pour les créanciers privés grecs une décote de 37% sur des obligations d’un montant total de 65 milliards d’euros, qui seront échangées contre des titres à 15 ans portant un coupon de 8%.
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