Les banques européennes continuent à couper le robinet du crédit
Selon l’enquête de la BCE, au quatrième trimestre, 64% des banques interrogées, en net, ont durci les standards de crédit pour les entreprises
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Tân Le Quang
La détérioration macroéconomique et l’exacerbation de la crise financière au quatrième trimestre 2008 ont amené les banques européennes à poursuivre le durcissement de leurs critères d’octroi de crédit aux agents économiques. C’est du moins ce qui ressort de la dernière Bank LendingSurvey de la BCE réalisée entre la mi-décembre et le 7 janvier auprès de 112 établissements de crédit de la zone euro. De fait, le pourcentage net de banques ayant déclaré avoir resserré leurs standards de crédit s’est établi à 64% pour la période octobre/ décembre, contre 65% pour la période juillet/ septembre.
Le durcissement se justifie de nouveau par la dégradation de la perception du risque, liée aux perspectives d’activité économique et sectorielle. Côté ménages, l’accès au financement continue d’être rendu aussi difficile pour les achats immobiliers (41% après 36%) que pour le crédit à la consommation (42% contre 30% précédemment). Quant à la demande, son repli, selon les banques, s’est exacerbé pour les entreprises à -40% après -26%, sous l’effet du fort déclin de l’investissement en capital fixe (-60% contre auparavant -36%) et d’une nouvelle chute de la demande issue de l’activité de fusions-acquisitions (-44% après -32% au troisième trimestre). Le recul de la demande a atteint -63%, après -64% précédemment, pour les crédits immobiliers aux ménages et comme au troisième trimestre, s'établit à -47% pour les crédits à la consommation.
«La chute de la demande de crédit du côté des entreprises montre une nouvelle détérioration dans l’investissement fixe, ce qui soutient notre prévision de contraction de l’économie d’environ 2% en 2009», souligne UBS. Point positif tout de même: alors qu’elles ont jugé l’impact des actions gouvernementales limité au dernier trimestre, les banques s’attendent toutefois au premier trimestre 2009 à un recul considérable du resserrement net de leurs standards de crédit.
Pour ING, «les résultats de l’enquête renforce l’idée que la BCE doit effectuer davantage de baisses de taux conventionnelles, à commencer par un nouvel abaissement de 50 points de base en mars». UniCredit estime que «le débat au sein du conseil des gouverneurs sur l’adoption de mesures non conventionnelles est ranimé» et que ses membres «semblent plus que jamais ouverts à ramener les taux à proximité de zéro».
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