Les autorités concentrent leurs efforts pour relancer la titrisation
Récemment dévoilé, le dispositif britannique de couverture des actifs toxiques cherche à renouveler le flux des actifs disponibles à la titrisation
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Tân Le Quang
Les autorités lèvent le voile sur leurs initiatives visant à relancer le marché de la titrisation. Outre-Atlantique, la Fed a précisé hier que la Term Asset-backed Securities Loan Facility (TALF), la facilité de 200 à 1.000 milliards de dollars permettant de refinancer les titrisations, fonctionnera à partir du 17 mars. Elle couvrira certains titres AAA adossés à des actifs (ABS) émis depuis le 1er janvier 2009, comme les crédits auto, les cartes de crédit, les prêts étudiants ou de PME.
L’Asset Protection Scheme (APS), le dispositif britannique garantissant 90% des futures pertes des banques d’outre-Manche liées aux actifs à risque (voir L’Agefi du 27 février) est quant à lui porteur d’espoir pour l’industrie européenne. Il s’applique aux prêts hypothécaires résidentiels et commerciaux, mais aussi aux titres qui y sont adossés, à savoir les RMBS et CMBS, et à d’autres comme les obligations adossées à des prêts (CLO) et à de la dette (CDO). Pour Fitch, il s’agit là d’une étape positive vers la restauration de la confiance des investisseurs dans le secteur bancaire britannique. «L’engagement exigé des banques participantes d’accroître le volume de crédit au profit des propriétaires et des activités solvables pourrait renouveler le flux des actifs disponibles à la titrisation», estime l’agence. Selon UniCredit, le plan, une fois appliqué, pourrait aussi stabiliser les spreads des titrisations.
Mais l’industrie devra prendre son mal en patience, les banques éligibles ayant jusqu’au 31 mars pour y participer. D’ailleurs, malgré l’annonce de l’APS, les spreads se sont écartés outre-Manche. Et l’absence d’amélioration du marché immobilier n’a rien de rassurant. De fait, les prix des maisons ont encore chuté de 1,8% en février.
Un contexte qui porte préjudice aux titrisations les plus fragiles, les RMBS «non-conforming». S&P a observé au dernier trimestre 2008 une nette détérioration des défaillances et des saisies sur ces RMBS. Elles ont atteint un record de 28,61% et de 3,5% respectivement, contre 25,05% et 2,8% au trimestre précédent.
Depuis novembre, l’agence a dégradé 31 tranches de ces actifs. Y figurent des transactions ayant recouru à leur réserve de liquidités au-delà de la limite requise. Selon Fitch, près de 30% des 40.000 saisies effectuées outre-Manche en 2008 ont concerné le secteur non-conforming.
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