Les annulations de commandes vont peser sur les comptes d’Arkema

Le chimiste, qui s’attend à une baisse de 15% de son chiffre d’affaires au quatrième trimestre, va renforcer son plan de réduction des coûts
Alexandre Boksenbaum

A l’image du reste de l’économie, les groupes chimiques souffrent. Le premier d’entre eux en France, Arkema, a ainsi expliqué que la «dégradation rapide de l’économie et les phénomènes importants de déstockage constatés depuis mi-octobre [qui] se sont fortement amplifiés» affecteront sa «performance financière». En l’espèce, à cause des annulations de commandes observées depuis la fin du mois de novembre dans les secteurs de l’automobile et de la construction, le groupe s’attend à une baisse de 15% de son chiffre d’affaires pour le dernier trimestre 2008 par rapport à celui de l’an dernier. En outre, alors qu’il visait il y a encore un mois une marge d’Ebitda (excédent brut d’exploitation) «proche» de 10%, le groupe français s’attend désormais à ce que celle-ci soit «comparable» à celle de l’an dernier, soit 9%.

Désireux de gérer strictement sa trésorerie et de limiter ses frais généraux, Arkema a donc décidé de renforcer «son plan de réduction des coûts», en annonçant notamment un programme supplémentaire d’ici à la fin 2010 d’un montant de 50 millions d’euros. Expliquant que le plan d’économies de frais fixes et de coûts variables serait renforcé, le PDG du groupe, Thierry Le Hénaff, a d’ailleurs élevé au rang de «première priorité» la gestion «extrêmement stricte» de la trésorerie. Le dirigeant souhaite ainsi parvenir à «préserver la solidité du bilan [de son groupe], en optimisant le besoin en fonds de roulement et en décidant de manière très sélective [des] investissements industriels».

Pour y parvenir, le groupe entend adapter sa production au niveau actuel de la demande à travers des arrêts temporaires ou des réductions de production sur quarante sites à travers le monde. Il va également accélérer la mise en œuvre de son programme 2005-2010 de réductions de frais fixes de 500 millions d’euros. 330 millions d’euros devraient ainsi être économisés dès la fin de cette année, auxquels s’ajouteront 65 millions en année pleine, consécutifs à des mesures récemment annoncées dans les produits vinyliques et les achats centraux. Plutôt pessimiste, le dirigeant d’Akema, qui entend poursuivre «activement» la transformation de sa société, a expliqué qu’il s’attendait avec ses équipes à «des conditions de marché difficiles l’an prochain», en raison du «contexte de cette fin d’année 2008 et du net manque de visibilité sur les perspectives 2009».

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