Les analystes financiers marquent une pause dans leurs révisions baissières
Rassurés par des nouvelles positives en provenance des Etats-Unis depuis maintenant deux mois, que ce soit sur le front de la consommation des ménages ou de l’emploi, les analystes financiers semblent moins pessimistes à l’orée de cette nouvelle année, pourtant synonyme de récession sur le Vieux Continent. Leurs anticipations pour 2012 restent extrêmement optimistes, avec +10,2% pour les entreprises composant l’indice large de la zone euro (l’EuroStoxx) après une légère contraction en 2011 (-1,2%).
En termes de momentum de bénéfices, à savoir l’ampleur des révisions de profits 2012 effectuées au cours du mois par les analystes financiers, la tendance est là aussi à l’optimisme, puisqu’elles sont légèrement positives depuis le début de l’année (+0,1%) après être restées en territoire négatif durant 11 mois consécutifs en 2011. Par contre, notre ratio du nombre de révisions à la hausse sur le nombre de révisions à la baisse pour les profits 2012, est quant à lui moins favorable. Il se stabilise à un niveau faible autour de 0,5, après avoir repris quelques couleurs en fin d’année 2011.
Si le regain d’optimisme peut être compréhensible en ce qui concerne les entreprises américaines au regard de la remarquable résilience de la consommation des Américains ces derniers mois, il semble que les analystes financiers n’aient pas intégré le découplage probable qui aura lieu tant sur la macroéconomie que sur la microéconomie entre les Etats-Unis et l’Europe en 2012. En effet, la première économie mondiale ne s’est toujours pas attaquée à ses déficits structurels, qu’ils soient publics ou du compte courant. Conséquence, les politiques de soutiens budgétaire et monétaire sont toujours à l’œuvre outre-Atlantique, ce qui favorise la demande privée.
Au contraire, l’Europe soucieuse de résoudre son problème de déficit public, est entrée dans une phase d’austérité budgétaire généralisée entraînant les économies de la région dans une phase de stagnation au mieux, de récession au pire en 2012. Dans ces conditions, les entreprises européennes connaîtront une année difficile, d’autant qu’il leur reste peu de latitude pour maintenir leur niveau de marge. Il faut ainsi s’attendre à la reprise des révisions en baisse des anticipations de profits 2012 pour les entreprises européennes dans les mois qui viennent, ce qui jouera défavorablement sur les marchés actions du Vieux continent dans un horizon de moyen terme.
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