Les ajustements de la BCE ne devraient pas avoir d’impact majeur sur les ABS
Craignant une détérioration de la qualité des actifs qui lui sont remis contre refinancement, la BCE a fait savoir la semaine dernière que les titres adossés à des actifs (ABS) émis à partir du 1er mars et destinés au repo devront être notés «AAA/Aaa» et ne pas être adossés à d’autres tranches d’ABS. Les titrisations «AAA» qui verraient au cours de leur durée de vie leur note descendre à «A» pourront encore être retenues par la BCE. Auparavant, les tranches seniors notées «A-» étaient éligibles.
Par ces changements, la BCE cherche à apporter sa contribution au retour à la normale du marché primaire des ABS et écarte de son système de liquidité des titres moins sûrs et affaiblis par la crise comme les titrisations de titrisations ou CDO (collateralized debt obligations) d’ABS.
S’il estime que ces modifications sont destinées à préserver de manière durable la qualité des actifs mis en garantie, UniCredit anticipe un impact direct sur l’activité primaire et secondaire de la titrisation «plutôt limité à court terme». De fait, l’établissement relève que «la majeure partie des opérations de refinancement traités ces derniers mois n’ont concerné que des titres «AAA"». Pour Calyon, ces changements n’auront probablement pas d’effet sur les tendances du marché. D’autant plus que très peu de CDO d’ABS n’ont été émis dans le cadre des opérations de liquidité de la BCE en 2008.
Alors qu’aucune opération publique ou retenue en Europe n’est attendue par le marché, l’équipe ABS & CDO de Natixis estime que cette «absence de primaire sera plus que problématique à compter du 1er février 2009, date à laquelle la BCE relèvera les haircuts (décote) qu’elle applique aux ABS lors de ses opérations de refinancement». Début septembre, la BCE avait fait savoir qu’elle appliquerait dès février un haircut de 12% à la valorisation des ABS présentés par les banques et une marge additionnelle de 5% pour ceux qui ne cotent pas. Une mesure qui devrait, selon certains, défavoriser les maturités inférieures à 10 ans qui présentaient encore à l’époque une décote de 2% à 10%.
«Par ces mesures, la BCE souhaite forcer la réouverture du marché primaire des ABS, mais le coût élevé des émissions, la défiance des investisseurs et l’accentuation de la dégradation de l’environnement macroéconomique européen constitueront de sérieux obstacles à la reprise du marché», ajoute Natixis.
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